Procès des émeutes de Moirans: les parties civiles dénoncent un procès "libre-service"

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La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP
Publié le 21 septembre 2016 - 17:37
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Les avocats des parties civiles ont dénoncé ce mercredi 21 une "audience libre-service", au troisième jour du procès des émeutes de Moirans (Isère) à Grenoble.
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Douze prévenus sont jugés depuis lundi à Grenoble pour leur implications dans de violentes émeutes qui avaient secoué la commune de Moirans (Isère) en octobre 2015. Ils ont, pour la plupart d'entre eux, tenté de minimiser leur responsabilité.

Les avocats des parties civiles ont dénoncé ce mercredi 21 une "audience libre-service", au troisième jour du procès des émeutes de Moirans (Isère) à Grenoble, qui se tient depuis son ouverture en l'absence de plusieurs prévenus.

"Cette audience a été considérée comme une espèce de libre-service", a critiqué Me Denis Dreyfus, avocat de la commune de Moirans en évoquant les "certificats médicaux et les malaises parfois opportuns".

Mercredi matin, seuls sept des douze suspects, âgés de 18 à 58 ans (neuf hommes et trois femmes), avaient pris place sur le banc des prévenus, certains manquant depuis lundi. Ils encourent dix ans de prison pour leur participation supposée à ces émeutes qui avaient suscité une vive polémique politique en octobre 2015.

La présidente du tribunal, Joëlle Beylard-Ozeroff, a elle aussi jugé "inadmissible" que la moitié des prévenus soient absents, d'autant que certains, censés être malades, n'ont toujours pas produit de certificat médical. Elle a menacé de recourir à la force publique si tous n'étaient pas présents à la reprise de l'audience jeudi pour les réquisitions du parquet. Mercredi, les victimes des émeutes ont réclamé plus de 400.000 euros de dommages et intérêts pour les dégradations commises le 20 octobre 2015.

Ce jour-là, plusieurs dizaines d'émeutiers, issus notamment d'un camp de gens du voyage sédentarisés, avaient incendié des pneus, palettes et voitures sur une route départementale et bloqué la ligne SNCF Lyon-Grenoble en y jetant des voitures brûlées. Ils protestaient contre le refus d'un juge d'autoriser la sortie de prison de Mike Vinterstein, 24 ans, pour assister aux obsèques de son frère de 17 ans.

"On a envie de leur dire qu'une émeute, c'est toujours jouer contre son camp" car "c'est le support idéal de la stigmatisation", a pointé Me Dreyfus.

Il a souligné "l'amertume particulièrement aigre" de la mairie qui accueille ce camp de gens du voyage "depuis 30 ans" et embauche des jeunes de la communauté. Le maire "les connaît bien, il est médecin, il est souvent au chevet de ceux qui ont besoin de soins et d'écoute", a-t-il pointé.

Et ce alors que "beaucoup voudraient qu'on les écarte, qu'on les éloigne, qu'on les remette sur la route", a-t-il ajouté, évoquant une "lutte permanente pour faire en sorte que cette différence soit perçue comme une richesse".

 

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