Qui est Serge Ayoub, le leader néo-nazi jugé à Amiens?

Qui est Serge Ayoub, le leader néo-nazi jugé à Amiens?

Publié le :

Lundi 27 Mars 2017 - 17:05

Mise à jour :

Mardi 28 Mars 2017 - 10:07
©Philippe Huguen/AFP
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La rédaction de FranceSoir.fr

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Serge Ayoub, fondateur des Jeunesses nationalistes révolutionnaires, leader de Troisième voie avant sa dissolution et désormais accusé d'être en lien avec le Clan des loups blancs comparait à partir de ce lundi pour complicité de violences aggravées avec 17 autres membres de ce dernier groupuscule néonazi. Retour sur le parcours d'un des visages de l'ultra droite française.

Il serait le leader officieux du Clan des loups blancs et se trouve sur le banc des accusés aux côtés de 17 de ses membres à partir de ce lundi à Amiens. Serge Ayoub ne remporte pas le prix de la plus grave accusation (complicité de violences aggravées), mais le profil de cette figure de l'ultra droite attire l'attention.

A 52 ans, celui qui se revendique skinhead depuis l'âge de 17 ans et la "trahison" du monde ouvrier par la gauche "intello" en 1981 est désormais l'une des figures les plus connues de la droite de l'extrême droite française. Il est donc moins présenté qu'auparavant par son surnom "Batskin", en référence à son goût pour le maniement de la batte de baseball.

En 1987, il fonde les Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR), frayant avec les hooligans du PSG ou les membres de Blood and Honour, groupe d'ultra droite dont deux membres seront condamnés pour meurtre. Le jeune homme d'origine libanaise fils d'une magistrate et d'un fonctionnaire veut y faire venir les Français "pure-souche" dans une logique "nationaliste" mais se défendant d'être un mouvement nazi ou fasciste.

En 2010, il réactive un ancien mouvement, Troisième voie, baptisé ainsi en raison des impasses que constitue selon lui les deux autres: le capitalisme et le communisme. Les JNR y font office de "service d'ordre".

Mais entre 1994, Serge Ayoub dissout le mouvement, voit du pays, ouvre plusieurs commerces, écope de quelques mois de prison en Russie pour trafic de stéroïdes. Avant de revenir en France et de relancer en 2006 les JNR.

Vestes noires et cranes rasés s'y croisent, défraient parfois la chronique pour des agressions à caractères raciste, xénophobe, antisémite. Des gros bras que le Conseil d'Etat qualifiera plus tard de "milice privée". Mais c'est en 2013 que le nom et le visage de Serge Ayoub vont réellement se faire connaître.

Le 5 juin de cette année-là, le militant antifasciste Clément Méric est tué dans une rixe avec des skinheads issus de Troisième voie et des JNR. Le leader charismatique apparaît alors devant les caméras pour défendre son mouvement. Les deux mouvements seront dissous par la suite mais renaîtront au sein du Clan des loups blancs.

A partir de ce moment, il deviendra reconnaissable dans les manifestations, mais aussi ce lundi au tribunal correctionnel d'Amiens.

Il y est jugé pour être le commanditaire présumé une rixe entre skinhead, fin 2012. Les membres des Nationalistes autonomes -des concurrents- l'ayant traité de "sale juif", Troisième voie les aurait invité pour une soirée de prétendue rapprochement qui se terminera au couteau.

Serge Ayoub est poursuivi pour complicité de violences aggravées contre les membres d'un autre groupuscule de skinheads.

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