Report de la table ronde sur l'élevage, appels à lever les barrages

Report de la table ronde sur l'élevage, appels à lever les barrages

Publié le :

Jeudi 28 Janvier 2016 - 18:45

Mise à jour :

Jeudi 28 Janvier 2016 - 18:52
©Loic Venance / AFP
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La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

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Alors que la mobilisation des éleveurs continuait ce jeudi, le préfet de Bretagne a dû reporter une table ronde à cause du boycott des principaux représentants du monde agricole. En fin de journée, plusieurs appels à lever les barrages ont finalement été lancés.

Les éleveurs en colère ont poursuivi ce jeudi 28 janvier leur mobilisation contre la chute des cours, tandis que le préfet de Bretagne reportait une table ronde en raison du boycott des principaux représentants du monde agricole, mais plusieurs appels à lever les barrages ont été lancés.

Face aux cours très bas qui assèchent leurs trésoreries et menacent pour certains la survie de leurs exploitations, les éleveurs réclament des mesures structurelles, comme l'étiquetage de la provenance de la viande, notamment pour les produits transformés, et l'arrêt des distorsions de concurrence à l'échelle européenne.

En fin d'après-midi selon le Centre régional d'information et de coordination routières (CRICR), les barrages étaient encore en place sur les axes Rennes-Brest, Rennes-Caen, Nantes-Lorient, en Centre-Bretagne, ainsi qu'à Lannion (Côtes-d'Armor). Une opération escargot, menée par des tracteurs, était également en cours aux abords de Saint-Brieuc, selon les syndicats.

Le préfet de Bretagne, Patrick Strzoda, a annoncé le report d'une table ronde qui devait se tenir en début d'après-midi à Rennes pour faire le point sur la crise des filières agricoles. Prenant acte du boycott de la réunion par la FNSEA, la Chambre d'agriculture et l'Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne (UGPVB), Patrick Strzoda a indiqué qu'il proposerait "la semaine prochaine" une nouvelle date.

Pour l'Ille-et-Vilaine le président de la FDSEA Loïc Guines a annoncé qu'il appelait à lever les barrages, mais annoncé d'autres actions à venir. De la paille a été soufflée sur les grilles de la préfecture de Bretagne puis des tas de fumier ont été déposés devant.

En Bretagne, Thierry Coué, président de la Fédération régionale des syndicats d'exploitants agricoles (FRSEA), a confirmé des appels à lever les barrages avec l'idée de relancer le mouvement la semaine prochaine. "Le problème, c'est que les paysans ont du boulot à faire sur leurs exploitations. Tenir trois, quatre jours, c'est déjà pas mal. L'idée c'est de reprendre le mouvement la semaine prochaine", a-t-il dit.

En Basse-Normandie, Charles-Henry Lebrun, président des Jeunes Agriculteurs (JA), a annoncé dans l'après-midi la levée de barrages dans le Calvados mais pas encore dans la Manche et l'Orne. "On appelle toutes les filières à se réunir avant fin février au niveau national pour discuter de leur avenir. J'espère qu'on va comprendre l'urgence de faire en sorte que tout le monde ait droit à sa marge, pas seulement les transformateurs et les distributeurs", a-t-il dit.

En Normandie, à Rouen, une centaine d'agriculteurs ont bloqué jeudi matin la cité administrative qui héberge le centre des impôts de la cité normande. A l'appel de la FDSEA de Seine-Maritime et des Jeunes Agriculteurs (JA), du lisier, des pneus et d'autres matériaux ont été déposés devant chaque grande entrée du groupe d'immeubles de bureaux.

Plusieurs responsables syndicaux avaient averti ce jeudi matin que des actions similaires à celles de la veille, seraient de nouveau organisées. Ils jugent insuffisant et pas suffisamment structurel le plan de soutien à l'élevage bovin, porcin et laitier instauré cet été.

Après l'annonce mardi 26  par le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll d'une rallonge budgétaire de 125 millions d'euros aux 700 millions déjà accordés dans le cadre de ce plan, Pascal Ferrey, président de la FRSEA de Basse-Normandie, a estimé: "il manque au moins 400 millions sur le plan d'urgence". Mais, a-t-il ajouté, le ministre de l'Agriculture doit aller "avec beaucoup de conviction à Bruxelles défendre l'étiquetage" sur la provenance des viandes utilisées dans les produits transformés.

Au plus fort de la journée de mercredi 27, le Centre régional d'information et de coordination routières avait recensé près d'une quarantaine de barrages filtrants ou bloquants ou d'actions sur tout le grand ouest.

L'association écologiste Robin de Bois a mis en garde ce jeudi les agriculteurs contre le danger pour la santé et l'environnement des feux de déchets divers qu'ils allument.

Suite à des dégradations commises lors d'incidents sporadiques mercredi soir à Quimper, en marge des actions des agriculteurs, la mairie a indiqué qu'elle allait porter plainte.

 

Les éleveurs en colère ont poursuivi leur mobilisation.


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