Saisie de drogue: qu'est-ce que le captagon, l'amphétamine prisée par les djihadistes de Daech?

Saisie de drogue: qu'est-ce que le captagon, l'amphétamine prisée par les djihadistes de Daech?

Publié le :

Mardi 30 Mai 2017 - 12:09

Mise à jour :

Mardi 30 Mai 2017 - 12:18
©Flickr/Creative Commons
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La rédaction de FranceSoir.fr

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Le captagon, drogue euphorisante, voire déshumanisante, serait prisé par les combattants du groupe Etat islamique. Cette amphétamine permet à son utilisateur ne plus ressentir les effets de la douleur, de la fatigue et de la peur.

Quelque 135 kilos de captagon, considérée comme "la drogue des djihadistes", ont été saisis en janvier et février à l'aéroport parisien de Roissy, une première en France, a annoncé ce mardi 30 la douane française.

Connu sous le nom de vente de la fénéthylline, le captagon est un stupéfiant de la famille des amphétamines distribué sous forme de cachets et dont la production serait devenue une spécialité de l'Etat islamique (Daech). Au point que le captagon est donc surnommé "la drogue des djihadistes". 

Quand cette substance pénètre les neurones, elle libère une grande quantité de dopamine et de noradrénaline. La première molécule est un stimulant qui permet à son utilisateur de ne plus ressentir les effets de la douleur ou de la fatigue et de la peur, y compris celle de la mort. Quant à la noradrénaline, elle augmente considérablement la vigilance et les facteurs de concentration. On comprend aisément les applications militaires que peut présenter l'absorption de cette drogue.

Une fois les effets du captagon diminués, c’est une forme de psychose, d’altération des fonctions mentales, d’euphorie suivie de dépression qui s’installe. Un état physique durant lequel aucune douleur ni aucune peur ne sont ressenties. En 2014, un officier syrien de Homs, qui interrogeait des djihadistes, témoignait de ces effets à l'agence Reuters: "On les frappait et ils ne ressentaient pas la douleur. La plupart d'entre eux rigolaient alors qu'on les bourrait de coups".

Toutefois, certains spécialistes du conflit irako-syrien, comme le chercheur Romain Caillet ou le journaliste David Thomson, estiment que la consommation de captagon par les djihadistes est nettement moins répandue qu'on le rapporte. Le premier estimait en décembre 2015 que: "c’est la presse libanaise qui a inventé cette histoire du captagon dans une logique de confrontation idéologique et de contre-propagande en réponse à celle des djihadistes". Même son de cloche chez David Thomson, spécialiste des djihadistes français, qui rapportait en novembre de la même année: "Avec tous les entretiens que j’ai pu mener de gens qui sont là-bas et de gens qui en sont revenus, (…) personne n’a pu me confirmer que c’était vrai".

L'utilisation de drogue pour améliorer les compétences militaires n'est pas nouvelle. Lors de la Seconde Guerre mondiale, l'armée allemande avait distribué en quantité de la pervitine, une amphétamine de guerre, dans ses rangs, contribuant à l'efficacité de la Blitzkrieg ("guerre-éclair", en français). La chute de la production de cette drogue et les effets secondaires néfastes provoquèrent l'arrêt de la distribution aux soldats en 1943. Un produit similaire a été utilisé par l'Empire japonais sur ses ouvriers qualifiés pour maintenir les cadences en usine et sur les tristement célèbres pilotes kamikazes lorsque ses derniers partaient écraser leur appareil sur le pont des navires de la marine américaine.

Une fois les effets du captagon diminués, c’est une forme de psychose, d’altération des fonctions mentales, d’euphorie suivie de dépression qui s’installe.


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