Seine-Saint-Denis: le maire d'Aulnay-Sous-Bois utilise le Code de la route pour verbaliser les mendiants

Seine-Saint-Denis: le maire d'Aulnay-Sous-Bois utilise le Code de la route pour verbaliser les mendiants

Publié le :

Jeudi 29 Décembre 2016 - 18:04

Mise à jour :

Jeudi 29 Décembre 2016 - 18:29
©Bulent Kilic/AFP
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La rédaction de FranceSoir.fr

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Le maire d'Aulnay-Sous-Bois utilise un article du Code de la route pour verbaliser les mendiants. La police municipale de cette commune de Seine-Saint-Denis a dressé 517 procès verbaux entre janvier et décembre 2016.

Les mendiants ne sont décidément pas les bienvenus à Aulnay-Sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Le maire (Les Républicains) Bruno Beschizza utilise un article du Code de la route pour les verbaliser. La police municipale a verbalisé 517 actes de mendicité entre le 1er janvier et le 15 décembre, en s'appuyant sur l'article R412- 43 du Code de la route selon une article du Parisien du mardi 27. Il permet de dresser un procès verbal aux piétons qui traverse la chaussée en dehors du passage piéton. Dans le viseur de Bruno Beschizza: les familles roms ou syriennes qui mendient sur certains carrefours et boulevards d'Aulnay-Sous-Bois.

Bruno Beschizza n'en est pas à son coup d'essai pour tenter d'éliminer la mendicité de sa ville. En avril et en septembre 2014, le maire a pris des arrêtés "anti-mendicité agressive" qui interdisaient de mendier de 8h à 20h dans six quartiers de la communes. Ces derniers ont été retoqués par le tribunal administratif en 2015 puis en février 2016.

Saisi par des associations comme la Ligue des droits de l'homme et un membre du conseil municipal d'Aulnay, il les a jugé "insuffisamment motivés". Il a également rappelé au maire que "la mendicité en tant que telle ne constitue pas un délit". Bruno Beschizza avait fait de cette question un thème de campagne. Pour justifier cette nouvelle mesure, qui vise les mendiants, la mairie invoque le risque d'accidents graves dû notamment aux enfants qui traverseraient au milieu de la circulation.

Mais l'utilisation du Code de la route pour verbaliser les mendiants scandalise les associations et certains élus de l'opposition qui juge la démarche "cynique". Guy Challier, conseiller municipal d'Aulnay-Sous-Bois (Parti socialiste) juge la mesure "inefficace" dans Le Parisien car les personnes verbalisées ne peuvent payer l'amende. Sabreen al-Rassace, membre l’association de soutien aux réfugiés Revivre dénonce elle "une mesure politicienne prise en période électorale". 

La police municipale a verbalisé 517 actes de mendicité en 2016


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