Sherpa accuse Lafarge d'avoir javellisé ses ordinateurs pour entraver le travail des enquêteurs

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Sherpa accuse Lafarge d'avoir javellisé ses ordinateurs pour entraver le travail des enquêteurs

Publié le 13/12/2017 à 10:25 - Mise à jour à 10:41
© Thomas SAMSON / AFP/Archives
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Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr

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L'ONG Sherpa, partie civile dans l'enquête pour financement du terrorisme qui vise Lafarge, accuse le cimentier de ne pas collaborer avec les enquêteurs et demande au parquet de diligenter une enquête "pour entrave à l'exercice de la justice", a indiqué mardi l'association.

L'entreprise Lafarge/Holcim, mis en cause pour avoir transmis de l'argent et acheté du pétrole à des groupes djihadistes, dont l’État islamique, pour continuer à faire tourner sa cimenterie en Syrie, aurait tenté d'entraver le travail des enquêteurs dans ce dossier.

En effet, selon l'ONG Sherpa "les ordinateurs (de Lafarge) ont été passés à l’eau de javel pour empêcher la justice de travailler", avant la perquisition menée au siège du groupe à Paris les 14 et 15 novembre dernier. L'ONG, qui est partie civile dans l’enquête pour financement du terrorisme qui vise Lafarge, a demandé au parquet de diligenter une enquête "pour entrave à l’exercice de la justice" mardi 12.

Lire aussi: Syrie: l'affaire du cimentier Lafarge

Un constat d'ailleurs partager par les juges en charge de l'instruction dans ce dossier. En effet, "des éléments essentiels ne se trouvaient plus au siège lorsque la perquisition a été effectuée", ont-ils récemment relevé, d’après une source proche du dossier. "L’intégralité de la comptabilité susceptible d’impliquer la personne morale n’a pas été davantage transmise", ont-ils ajouté.

Sherpa souligne également que deux cadres du groupe mis en examen, ont fait état de "propositions d’accord du groupe pour soit acheter leur silence soit devancer les interrogations qui pourraient leur être soumises".

Voir également - Syrie: deux responsables de Lafarge devant les juges pour une éventuelle mise en examen

L'avocat William Bourdon, président de l'ONG, s'interroge quant à lui sur la "frilosité, la complaisance, voire la complicité" des autorités françaises. Des cadres et responsables du cimentier français, qui a fusionné avec le Suisse Holcim en 2015, ont relaté aux enquêteurs que la décision de se maintenir en Syrie avait reçu l'aval du quai d'Orsay.

Une information démentie par Eric Chevallier, ex-ambassadeur de France pour la Syrie, également entendu dans le cadre de se dossier. "Leur demander ou les inciter à rester était contraire aux consignes, je ne leur aurais jamais dit ça", a-t-il assuré.

Dans un communiqué diffusé dans la soirée de mardi, le groupe a tenu à rappeler que "des milliers de pièces ont été remises aux juges par le groupe ou saisies à l'occasion de la perquisition" et répéter qu'il "regrette et condamne avec la plus grande fermeté les erreurs inacceptables commises en Syrie".

"De 2011 à 2015, le total est de 15,3 millions de dollars soit l'équivalent de 12,9 millions d'euros. C'est le chiffre retenu par les magistrats instructeurs" dans l'enquête en cours pour, entre autres, financement du terrorisme, a souligné Marie Dosé. "Des organisations terroristes, dont l'Etat Islamique, ont été les bénéficiaires de la majorité de ce montant au titre d'achat de matières premières, etc", a affirmé William Bourdon.

Une partie de cet argent aurait pu permettre à l'organisation djihadiste de financer des actions terroristes à l'étranger et notamment en France. 

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr


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L'ONG Sherpa accuse Lafarge d'entrave à la justice dans l'enquête pour "financement du terrorisme".

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