Sicile: pour escroquer les assurances, les gangs brisaient les os de marginaux rémunérés

Sicile: pour escroquer les assurances, les gangs brisaient les os de marginaux rémunérés

Publié le :

Mercredi 17 Avril 2019 - 11:16

Mise à jour :

Mercredi 17 Avril 2019 - 12:33
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La rédaction de France-Soir

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Lundi 15, la police italienne a annoncé le démantelement de deux gangs en Sicile qui organisaient des escroqueries aux faux accidents de voitures pour toucher des indemnités. Ils allaient jusqu'à présenter de faux blessés, des personnes fragiles rémunérés pour se faire fracturer les os.

Pour donner à leur machination une apparence de vérité, ils étaient prêts à aller très loin. La police italienne a annoncé l’arrestation de deux gangs en Sicile, soupçonnés d’avoir monté des escroqueries à l’assurance. Il s’agissait de se faire verser des indemnités pour compenser des blesusres suite à des accidents n’ayant jamais eu lieu. Pour rendre la mise en scène plus crédible, les hommes du gang brisaient les os de personnes présentées comme les victimes et rémunérées pour se "sacrifier" de la sorte.

Le coup de filet a permis d’arrêter 40 personnes et de mettre à jour un vaste réseau contrôlant tous les échelons de l’escroquerie. Des faux témoins étaient produits pour parler d’accidents n’ayant jamais eu lieu, des médecins complices faisaient de faux certificats et des avocats peu scrupuleux acceptaient de porter les "affaires" en justice.

Restaient, pour parachever l’arnaque, à trouver de fausses victimes. Et pour cela les escrocs faisaient appel à des personnes aux abois financièrement : des marginaux, des toxicomanes, des alcooliques ou des personnes souffrant de troubles psychiatriques. Soit un public près à passer l’horrible marché : se faire frapper pour occasionner des fractures contre une rémunération de 300 euros.

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Les personnes qui acceptaient étaient emmenées dans des appartements ou des entrepôts isolés, se voyaient administrer un antidouleur avant de voir un membre bloqué contre un bloc de béton et fracturé avec une haltère ou une grosse pierre.

C’est une de ces séances de torture à but purement financier qui tournera mal et révélera l’affaire. En 2017, un Tunisien sera retrouvé mort. Les escrocs tenteront quand même de faire une déclaration d’accident mais les enquêteurs constateront que l’homme a été volontairement passé à tabac. Il faudra encore deux ans d’enquête pour identifier précisément l’escroquerie.

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Les malfrats utilisaient des haltères ou des pierres pour briser les os des victimes (illustration).


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