Soudan: une jeune femme de 19 ans violée et condamnée à mort

Soudan: une jeune femme de 19 ans violée et condamnée à mort

Publié le 11/05/2018 à 16:55 - Mise à jour à 16:59
© DAMIEN MEYER / AFP
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Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr

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Une jeune femme de 19 ans a été reconnue coupable de meurtre fin avril au Soudan. Elle a tué son mari, auquel elle a été mariée de force et qui l'a violée avec deux de ses frères et un cousin. Amnesty international a dénoncé cette ignominie.

Une Soudanaise de 19 ans a été condamnée fin avril dernier à la peine de mort pour avoir tué en position de légitime défense un certain Abdulrahman, son mari violeur.

Prénommée Noura, la jeune femme, mariée de force à l'âge de 16 ans, avait été contrainte d'aller vivre dans le domicile "conjugal" à la fin de ses études.

Début mai 2017, elle a refusé de coucher avec son mari. Pour la punir, ce dernier a appelé deux de ses frères et un cousin pour qu'ils l'aident à la violer. Ils l'ont tenue fermement pendant que le mari abusif se livrait à ses exactions.

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Le lendemain, seule avec elle dans sa maison, il a encore voulu la violer mais elle a réussi à se saisir d'un couteau et l'a poignardé à plusieurs reprises au cours d'une altercation.

Selon le récit d'Amnesty International, qui a dénoncé la décision de justice, la jeune femme avait couru se réfugier chez ses parents juste après les faits, mais son père l'avait livrée à la police.

Police qui, après avoir constaté les traces de coups et de morsures sur Noura, l'a placée en détention. Et elle a donc été condamnée à mort le 29 avril par le tribunal d'Omdurman.

Lors du procès, le juge a invoqué une loi datant de 1991 qui ne reconnaît pas le viol conjugal.

"Noura est une victime et la peine prononcée contre elle est intolérable et cruelle", s'est scandalisé Seif Magango, un responsable d'Amnesty International.

Pour lui, cette décision de justice est d'une "intolérable cruauté" et ne fait que souligner "l'incapacité des autorités soudanaises à reconnaître la violence" qu'endurent les victimes de viol conjugal.

Dans son communiqué, Amnesty International explique aussi être contre la peine de mort, dans n'importe quelles circonstances.

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr


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Au Soudan, une jeune femme de 19 ans, mariée de force à l'adolescence, a écopé de la peine capitale pour avoir tué son mari violeur.

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