Toulouse: l'arrestation d'une femme en niqab à l'origine des violences? (vidéo)

Toulouse: l'arrestation d'une femme en niqab à l'origine des violences? (vidéo)

Publié le :

Mardi 17 Avril 2018 - 16:57

Mise à jour :

Mardi 17 Avril 2018 - 17:18
©Philippe Huguen/AFP
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La rédaction de FranceSoir.fr

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Une vidéo postée sur les réseaux sociaux et montrant l'interpellation difficile, dimanche, d'une femme portant un niqab par des policiers à Toulouse pourrait être à l'origine de la flambée de violences qu'a connue le quartier du Mirail. Le décès d'un détenu pourrait aussi avoir un lien.

Le quartier du Mirail à Toulouse connaît depuis dimanche 15 des violences urbaines qui ont abouti lundi à l'interpellation de 18 personnes et à d'importants dégâts dont plusieurs voitures brûlées. Une flambée de violences dont les raisons sont encore floues mais pourraient avoir pour cause le contrôle et l'interpellation d'une femme portant un voile islamique intégral.

La police a en effet fait savoir qu'une telle arrestation houleuse avait eu lieu le dimanche. La femme portait en effet une burqa ou un niqab, vêtements dont le port est de facto interdit dans l'espace public (et donc dans la rue) depuis la loi de 2010 sur la dissimulation de son visage. Elle n'aurait montré qu'une mauvaise photocopie de sa carte d'identité, refusant de retirer son voile.

Une vidéo postée sur Twitter et dont l'authenticité a été confirmée à France 3 par le parquet de Toulouse montre en effet un groupe de policiers interpeller la trentenaire en question, plaquée au sol et criant. On peut également distinguer plusieurs personnes s'approcher des forces de l'ordre et les émanations de ce qui ressemble à une grenade lacrymogène. Selon la chaîne, une trentaine de personnes auraient pris à parti les policiers.

Lire aussi: Voile intégral - état des lieux en Europe

Ce mardi, à l'issue de sa garde à vue qui avait été prolongée lundi dans la soirée, cette femme s'est vue signifier par le parquet de Toulouse sa convocation devant la justice le 17 mai pour "rébellion, outrage et menaces de mort sur personne dépositaire de l'autorité publique".

Anonyme, de faible qualité et d'une durée d'une quarantaine de secondes, la vidéo ne montre ni le début ni la fin de cette interpellation mais a été très largement partagée sur Twitter comme l'exemple d'une violence disproportionnée voire d'un comportement "islamophobe". Comme l'impuissance de la police à faire respecter la loi pour plusieurs personnalités d'extrème droite. "Si comme on le croit les émeutes de Toulouse ont pour origine le contrôle d'une femme en niqab, faire respecter la loi face à la propagande islamique devient maintenant un vrai combat de rue. Hélas, ce n'est peut-être qu'un début!", a jugé le député FN Gilbert Collard.

Cette situation et sa médiatisation pourraient donc être à l'origine des violences. Toutefois, le lien de causalité est difficile à "décréter". D'autant qu'un autre fait peut être évoqué pour l'expliquer. Ces violences pourraient en effet également avoir été déclenchées par une rumeur selon laquelle des gardiens de la prison de Seysses, au sud de Toulouse, auraient été à l'origine du décès samedi d'un détenu, originaire du quartier.

Une enquête judiciaire a été ouverte pour "recherche des causes de la mort" par le parquet de Toulouse, qui a souligné que l'autopsie avait confirmé que les causes du décès du détenu "sont compatibles avec une mort par pendaison".

L'arrestation mouvementée d'une femme en niqab refusant de se soumettre à un contrôle d'identité a été filmée et diffusée sur Twitter.


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