"Véritable boucherie" au bloc opératoire: un chirurgien de Bourges mis en examen pour homicide

"Véritable boucherie" au bloc opératoire: un chirurgien de Bourges mis en examen pour homicide

Publié le :

Mercredi 19 Octobre 2016 - 16:25

Mise à jour :

Mercredi 19 Octobre 2016 - 16:34
En janvier dernier, un patient était mort lors d’une opération de la prostate au centre hospitalier de Bourges. Le chirurgien qui a pratiqué cette opération a été mis en examen mardi pour homicide involontaire par le parquet de Bourges.
©Damien Meyer/AFP
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La rédaction de FranceSoir.fr

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L'affaire avait fait les gros titres de la presse locale en avril dernier. Suite à une banale opération de la prostate un sexagénaire en bonne forme était décédé, en janvier dernier dans le Cher. La famille avait porté plainte contre le chirurgien, décrit par les autres personnels soignants présents au bloc comme "insultant" et "brutal". L'anesthésiste avait même dénoncé, par écrit, "des gestes violents à l'origine des fortes pertes hémorragiques" qui ont entraîné la mort.

Le praticien a été mis en examen par le parquet de Bourges mardi 18 au soir pour "homicide involontaire par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de sécurité ou de prudence". Le procureur de la République de Bourges, Vincent Bonnefoy, a qualifié le dossier de "complexe". Le chirurgien "estime ne pas être responsable" du décès, a-t-il relevé. "Il a fourni des explications qui vont être soumises à un expert judiciaire par le juge d'instruction".

Le jour de l'opération mortelle, le chirurgien était "agité, en colère, parlant fort" et insultant les infirmières, avait décrit le personnel soignant. "Pas dans son état normal, inaccessible à tout raisonnement", enfonçait un coordinateur de bloc cité par Le Parisien. Un comportement à peine croyable s'il n'y avait pas autant de témoignages concordants. Pourquoi ne pas l'avoir empêché d'opérer dans ce cas? Tout simplement car aucun autre chirurgien n'était disponible à ce moment-là.

Le rapport de l'anesthésiste ayant participé à l'opération décrivait ainsi le même contexte et relate, minute par minute, l'intervention. "Le chirurgien continue à pratiquer des gestes brutaux et violents à l'origine des fortes pertes hémorragiques, plus de cinq litres", malgré les alertes lancées par le personnel, détaillait ainsi le spécialiste. Celui-ci avait alors constaté que l'état du patient se dégradait rapidement, ce qu'il dit avoir signaler au chirurgien à "plusieurs reprises" et réclamait alors d'"arrêter l'intervention" sans succès. Moins d'une heure plus tard, le patient succombait.

Le personnel, à l'exception du chirurgien, s'était alors réuni. "Nous sommes tous parvenus à la conclusion que cette intervention était une véritable boucherie, indigne de n'importe quel bloc opératoire", dénoncaient-ils par écrit, sous le choc. L'ensemble des anesthésistes de l'hôpital a dans la foulée décidé "collectivement de ne plus prendre en charge, au bloc opératoire, les patients du docteur (...) pour des raisons de compétence et d'aptitude mentale".

 Le suspect a été placé sous contrôle judiciaire, avec interdiction de pratiquer toute activité chirurgicale. Fin juin, l'Ordre des médecins de la région Centre l'avait déjà interdit d'exercice jusqu'au 26 octobre.

 

En janvier dernier, un patient était mort lors d’une opération de la prostate au centre hospitalier de Bourges.


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