Alerte à une épidémie de rougeole en France

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Jean-Michel Comte
Publié le 09 mai 2015 - 13:19
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Rougeole Illustration
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©Sue Clark/Flickr
Le virus de la rougeole est de la même famille que celui des oreillons.
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Après un foyer infectieux dans le Haut-Rhin il y a quelques semaines, les autorités sanitaires redoutent une épidémie de rougeole en France. Rien à voir encore avec la grande épidémie de 2011, mais il est prudent de mettre à jour les vaccins des jeunes enfants.

Une semaine après la varicelle, c'est la rougeole qui inquiète les autorités sanitaires en France. Dans son dernier bulletin hebdomadaire jeudi 7 mai, l’Institut national de veille sanitaire (InVS) fait état de chiffres "les plus élevés depuis juillet 2012" et estime qu'il existe "un risque important" de contagion.

"Entre le 1er janvier et le 30 avril 2015, 95 cas ont été déclarés, dont 62 (65%) liés à un foyer épidémique en avril dans le Haut-Rhin", précise l'InVS. "Il s’agit du nombre mensuel de cas déclarés le plus élevé depuis juillet 2012. Le tout montre que la circulation du virus reste toujours active. Il existe un risque important de diffusion du virus en dehors du département concerné".

Face à ce risque d'épidémie, les autorités sanitaires réaffirment l'importance du vaccin: "la vérification du statut vaccinal et sa mise à jour avec 2 doses de vaccin pour toute personne âgée d’au moins 12 mois et née après 1980 restent donc nécessaires".

La rougeole, rappellent les autorités sanitaires, est une infection virale hautement contagieuse. La transmission se fait essentiellement par voie aérienne. Le virus se transmet soit directement auprès d’un malade soit parfois indirectement en raison de la persistance du virus dans l’air ou sur une surface contaminée par des sécrétions naso-pharyngées.

L'infection se manifeste par l’apparition d’une fièvre à 38,5°C, d’une toux, rhinite ou conjonctivite et d’une éruption cutanée. Le vaccin ROR (Rougeole-Oreillons-Rubéole) est recommandé pour prévenir la maladie. Les enfants de 12 mois doivent recevoir une première dose de vaccin, puis un rappel avant leurs deux ans. Un rattrapage est possible jusqu’à 17 ans. Dans les familles non-vaccinées, lorsqu’un enfant est exposé au virus, il doit recevoir une dose de vaccin dans les 72 heures qui suivent, tout comme les professionnels de santé.

La situation actuelle n'est cependant pas inquiétante et n'a rien à voir avec le pic observé au début de l'année 2011. L'InVS rappelle que, depuis près de sept ans et demi, du 1er janvier 2008 au 30 avril 2015, "près de 23.500 cas de rougeole ont été déclarés en France (dont près de 15.000 cas notifiés pour la seule année 2011). Près de 1.500 cas ont présenté une pneumopathie grave, 34 une complication neurologique (31 encéphalites, 1 myélite, 2 Guillain-Barré) et 10 sont décédés".

"Le nombre de cas a fortement diminué en 2012, puis est resté stable en 2013 et 2014 (respectivement 859, 259 et 267 cas déclarés)", conclut l'InVS.

Entre 1985 et 2005, la rougeole était surveillée par le réseau Sentinelles de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale, unité 707). L’introduction d’une dose de vaccin anti-rougeoleux dans le calendrier vaccinal en 1983 puis d’une deuxième dose en 1997 ont fait progressivement chuter le nombre de cas qui était estimé, à partir des données du réseau Sentinelles, à 331.000 en 1986 et à 4.448 cas en 2004. "En raison de la plus faible circulation virale, le réseau a observé en parallèle une augmentation de l’âge moyen de survenue de la maladie, la proportion de cas de plus de 10 ans étant passée de 13% en 1985 à 62% en 2002", souligne l'InVS.

"En raison de la baisse du nombre de cas rapportés ces dernières années par le réseau Sentinelles, les estimations sont devenues imprécises et les zones de transmission active du virus risquent de ne pas être détectées. C’est pourquoi la rougeole est redevenue une maladie à déclaration obligatoire en 2005".

L'OMS (Organisation mondiale de la santé) a recensé plus de 145.000 décès dus à la rougeole dans le monde en 2013 (derniers chiffres connus) et s'est inquiétée, en février dernier, d'une recrudescence des cas observés en Europe, notamment dans les pays de l'Est.