Attention au retour des fake news sur les tiques

Attention au retour des fake news sur les tiques

Publié le 30/06/2020 à 10:19 - Mise à jour à 15:15
Pixabay
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Auteur(s): FranceSoir

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Si vous avez commencé à préparer vos excursions et promenades dans la nature de cet été, vous vous êtes peut-être inquiétés des informations sur des nouveaux types de tiques pouvant transmettre des maladies. Dans ce cas, attention, car comme pour de nombreuses questions de santé, rumeurs et fausses informations circulent au sujet des tiques. Nous faisons le point sur le vrai et le faux à propos de cet arachnide qui gagne du terrain dans le pays.

Une tique à pattes rayées: un danger à signaler: VRAI

Depuis environ cinq ans, une variété de tique,  la Hyalomma marginatum, s’est installée sur les bords de la Méditerranée. Ses caractéristiques : des pattes rayées et assez longues, des pièces buccales allongées, une taille du corps allant de huit millimètres jusqu'à deux centimètres, permettent de la démarquer de ses congénères. L'implantation de cette tique progresse sur le territoire. Selon la Cirad, depuis 2015, elle a ete régulièrement observée sur le littoral méditerranéen de France continentale. 
Elle peut transmettre le virus de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo. Cependant, ce virus n'a pas encore été détecté en France. Elle peut aussi, comme pour les autres tiques, véhiculer la maladie de Lyme, une pathologie infectieuse se caractérisant par des douleurs articulaires pouvant aller jusqu’à la paralysie des membres. Une application appelé Citique , permet de signaler cette espèce de tique et les autres.

Si vous voyez un nid de tiques, il faut le brûler: FAUX

Depuis quelques années circule sur Internet une photo d’un gros nid d'oeufs trouvé dans la nature avec la description: "Ceci est un nid de tiques. Il y en a de plus en plus et ceci menace la vie de plusieurs animaux en forêt! Vous devez les brûler immédiatement!". Selon les spécialistes, la photo ne montre pas un nid de tiques: les œufs de tique n'ont rien à voir en couleur et en taille avec ceux montrés par la photo. De plus, il serait plutôt improbable de trouver un vrai nid de tiques: "Les pontes s'observent rarement dans la nature car elles se trouvent dans la litière des feuilles et présentent un bon mimétisme avec la végétation", confirme Nathalie Boulanger, enseignante-chercheur en parasitologie à l'université de Strasbourg, et entomologiste médicale au Centre National de Référence Lyme. 
Pour couronner la fake news, la recommandation de s'en débarrasser en y mettant le feu, en plus d'être imprudente, car on risquerait de provoquer un feu de forêt, est inefficace, car ce n'est pas la destruction d'une ponte qui permettra de maîtriser la population de tiques. Il faudrait adopter pour cela une approche plus globale.

Tiques géantes carnivores?: FAUX

Depuis quelques années circule une fausse information concernant la présence en France d'une tique asiatique carnivore. Elle pourrait ressurgir à nouveau sur les réseaux sociaux. Nous rappelons donc ici qu’il s’agit d’une fausse information publiée au départ par un site d'info humoristique, qu'il ne faut pas prendre pour une information réelle.
Daniel Christmann, du service des maladies infectieuses et tropicales au CHU de Strasbourg, a aussi averti, au sujet de la circulation de ce canular qu’Il n'y a pas de tique asiatique : “celles qu'on trouve en Asie sont les mêmes que les nôtres. Les tiques ont différents genres – ixodes ricinus, ixodes scapularis… - mais, qu’elles soient en Asie ou en France, il n'y a pas de différence.” 

De l'huile pour étouffer les tiques, du savon ou de l'éther pour enlever les tiques?: FAUX

“Mettre une goutte d'huile de cuisine à la base d'une tique pour l'ôter, ainsi que du coton imbibé de savon ou d’éther pour endormir la tique” sont quelques exemples de conseils erronés et contre-productifs. Pascale Frey-Klett, directrice de recherche à l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) et responsable du programme CiTique explique que toute substance extérieure pourrait stresser la tique et augmenterait le risque qu’elle rejette des agents infectieux dans le corps de la personne ou de l'animal piqué”.

L'armée américaine a-t-elle participé à la propagation de la maladie de Lyme ? : FAUX

Un livre serait à l'origine de cette information: “Bitten: The Secret History of Lyme Desease and Biological Weapons”. Écrit par Kris Newby, rédactrice scientifique, il explique que l'épidémie a pour origine un laboratoire de tests biologiques sur les animaux du gouvernement américain situé sur Plum Island. Des tiques utilisées comme armes biologiques se seraient échappées du centre et auraient contaminé la population aux alentours. 
Selon Rick Ostfeld du Cary Institute of Ecosystem Studies et co-directeur du Tick Project, cité par Le Point, cette rumeur est absurde: “Très clairement, cet agent pathogène est ancien et n'a pas pu être créé dans un laboratoire du milieu du XXe siècle. La maladie de Lyme est aussi très courante en Europe et ailleurs. Le phénomène médical de Lyme a été décrit en Europe au XIXe et début du XXe siècle, même si on ne savait alors pas quel organisme causait cette maladie.”
Malheureusement, la Chambre des représentants des Etats-Unis a donné un nouvel élan à cette rumeur, en ordonnant, le jeudi 11 juillet 2019, à l'inspecteur général du ministère de la défense américain d'examiner si le Pentagone avait mené entre 1950 et 1975 des expériences visant à utiliser des tiques comme armes biologiques. L'enquête est ouverte. 

Auteur(s): FranceSoir


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Une variété de tique, la Hyalomma marginatum, peut transmettre le virus de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo. Cependant, ce virus n'a pas encore été détecté en France.

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