Cancer de la thyroïde: un demi-million de surdiagnostics dénoncés par les experts

Cancer de la thyroïde: un demi-million de surdiagnostics dénoncés par les experts

Publié le :

Vendredi 19 Août 2016 - 11:38

Mise à jour :

Vendredi 19 Août 2016 - 11:53
Plus d'un demi-million de patients auraient été surdiagnostiqués d'un cancer de la thyroïde, selon une étude récente. Autrement dit, un cancer leur aurait été annoncé alors qu'il n'en était rien, du moins à ce stade de la détection.
©Suzanne Plunkett/Reuters
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La rédaction de FranceSoir.fr

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Dans certains pays, jusqu'à 90% des diagnostics de cancers de la thyroïde seraient tout simplement faux. Voici ce qu'avance une étude du Centre International de Recherches contre le Cancer de l'OMS publiée récemment dans le très sérieux New England Journal of Medicine. Au total, ces surdiagnostics erronés auraient concerné plus d'un demi-million de patients (470.000 femmes et 90.000 hommes) de 12 pays développés en 20 ans.

Les chiffres sont frappants: entre 70% et 80% d'erreurs en France, en Australie ou aux Etats-Unis, plus de 50% au Japon et dans les pays nordiques (Suède, Finlande, Norvège) ou encore une "palme" qui revient à la Corée du Sud, avec un taux estimé à 90% entre 2003 et 2007... Ce que les spécialistes prenaient pour une épidémie de cancers de la thyroïde, en se basant sur ces chiffres erronés, serait en réalité liée à une sorte de psychose développée par le corps médical à l'encontre d'un cancer qui tue (28% de survie à cinq ans pour les cas les plus graves) mais se soigne bien (94% de survie à cinq ans pour les formes les plus courantes.

Une fois n'est pas coutume, l'amélioration des techniques de prévention serait en cause. Ainsi, du fait de l'introduction de l'échographie dans les dépistages organisés dans les 12 pays étudiés, le personnel médical est désormais en mesure de détecter même les plus petites tumeurs. Des nodules papillaires qui, dans une écrasante majorité des cas, n'évoluent pas en cancer ou se soignent très bien, avec une survie proche de 99% à 20 ans, selon Pourquoi Docteur.

Sauf que très souvent ces nodules sont soignés avec des traitements agressifs, "par des ablations complètes de la thyroïde, souvent associées à d'autres traitements nocifs comme l'ablation des ganglions du cou ou la radiothérapie", dénoncent les auteurs de l'étude. Gênant pour des tumeurs inoffensive en l'état et d'autant plus que ces techniques sont "sans bénéfices prouvés en terme d'amélioration de la survie".

Les chercheurs en appellent ainsi au développement du suivi du patient pour ce type de détection, plutôt que d'employer immédiatement les traitements les plus lourds. Et proposent également de ne pas qualifier les nodules de cancer ou microcancer, afin de dédramatiser le diagnostic tant auprès du malade et de son entourage que du corps médical. Ce qui permettrait au passage de pouvoir établir des statistiques sur les "vrais" cas de cancer de la thyroïde. Puis de conclure: "il est crucial d'avoir plus de données de recherche pour évaluer les meilleures approches face à l'épidémie de cancers de la thyroïde et éviter des préjudices inutiles pour les patients".

 

L'amélioration des techniques de détection serait en cause dans ces cas massifs de surdiagnostic.


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