Chômage et santé: des conséquences physiques, psychologiques et familiales

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La rédaction de FranceSoir.fr
Publié le 10 mai 2016 - 18:11
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Des personnes dans les locaux de Pôle emploi.
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©Eric Gaillard/Reuters
Selon le CESE, 14.000 décès par an sont imputables au chômage, qui aurait également des conséquences psychologiques et familiales.
©Eric Gaillard/Reuters
Un projet d'avis du Conseil économique social et environnemental (CESE) publié mardi relève que le chômage, en plus des impacts économiques, a également des conséquences sanitaires, psychologiques et familiales qu'il est nécessaire de mesurer et de prévenir.

L'adage "le travail c'est la santé" semble une nouvelle fois se vérifier. En tout cas le chômage aurait plusieurs impacts graves sur le plan sanitaire et social qui ont motivé une autosaisine du Conseil économique social et environnemental (CESE) qui a publié ce mardi 10 un projet d'avis sur le sujet.

Si ce texte n'en est encore qu'à ses débuts, il avance déjà des chiffres impressionnants et dénonce des risques variés pour le chômeur et sa famille. Selon le CESE, "14.000 décès par an sont imputables (au chômage), il augmente le risque de séparation des couples, compromet l’avenir des enfants". Des idées déjà avancées par plusieurs études, et l'organisme souhaite donc "mesurer l’impact sanitaire, psychologique, économique et social du chômage, puis de dégager des pistes visant à prévenir les situations de souffrance, à protéger et à mieux accompagner les publics concernés".

Le projet d'avis fait notamment remarquer qu'il existe "un lien direct" entre le fait d'être sans emploi et les risques de maladies cardio-vasculaires et de cancer. Cela notamment en raison du fait que les chômeurs ont une alimentation moins équilibrée et souffrent donc plus souvent d'obésité. "Pour les personnes en situation de chômage, le risque d'accident vasculaire cérébral et d'infarctus est augmenté de 80% au regard des actifs, pour les hommes comme pour les femmes", précise le texte. Une différence analogue à celle qui existe entre fumeurs et non-fumeurs.

Le tabagisme comme les addictions à l'alcool ou aux drogues sont d'ailleurs plus présents chez les chômeurs, même si le lien de causalité est difficile à établir. Il n'en reste pas moins que 51% des chômeurs sont fumeurs contre 33,4% des actifs. La proportion de personnes dépendantes à l'alcool est également plus de deux fois supérieure chez les demandeurs d'emplois.

L'impact peut également être psychologique. "Provoquant stress et insécurité, le chômage peut également révéler des fragilités latentes qui ne se seraient sans doute pas manifestées en son absence", relève le texte du CESE. Le lien entre chômage et suicide, difficile à établir avec certitude, est également évoqué.

Enfin, l'étude s'intéresse également aux impacts sur la famille du chômeur. Elle remarque notamment qu' "une étude publiée en 2004 montre que les enfants dont les parents ont connu la précarité professionnelle ont de moins bons résultats scolaires" et que "le chômage des parents diminue de 12 points la probabilité d’obtention du baccalauréat". Le CESE soupçonne également un impact sur le nombre de divorces ou de violences intrafamiliales qui devra être étudié.

 

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