Chronique Covid N°10 – « On nous cache encore le taux de mortalité en réanimation des patients covid-19 en détresse respiratoire »

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Chronique Covid N°10 – « On nous cache encore le taux de mortalité en réanimation des patients covid-19 en détresse respiratoire »

Publié le 15/07/2020 à 11:16 - Mise à jour le 17/07/2020 à 15:57
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Auteur(s): François Pesty pour FranceSoir

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La question des chances de survie des patients covid-19 en détresse respiratoire est cruciale

En effet, l’enfermement de 51 millions de françaises et de français en bonne santé a été décidé pour permettre aux réanimations de prendre en charge la totalité des patients qui allaient développer une forme sévère de la maladie

S’il s’avérait que la mortalité des patients covid-19 en détresse respiratoire aiguë, âgés ou avec comorbidité, était proche de 100%, alors la décision de confiner plus de la moitié de la population mondiale pour sauver les patients en réanimation aura été la plus grosse « bourde » de tous les temps 

Le taux de mortalité des patients sévères en détresse respiratoire sous ventilation assistée hospitalisés en réanimation, leurs courbes de survie de type Kaplan-Meier, les données pour les calculées, sont introuvables (Google, points épidémiologiques hebdomadaires de Santé Publique France) et restent inconnus à ce jour, au moins du grand public.

A titre d’exemple, ci-dessous la courbe de survie de 55 patients en détresse respiratoire aiguë lors de l’épidémie de MERS (coronavirus) qui a touché le moyen orient. La médiane de survie était de 15 jours.

Seul l’avis du conseil scientifique en date du 12 mars 2020, mentionne un taux de mortalité estimé à 61%. Malgré une référence bibliographique (« Yang et al, 2020 ») très incomplète nous avons pu retrouver la publication du Lancet. Il s’agit d’une étude de cohorte observationnelle rétrospective (En gros, on reprend les dossiers médicaux des patients). Elle ne concerne que 52 patients hospitalisés dans un état critique en réanimation à Wuhan, en Chine où a émergé le virus. Dans la publication, la mortalité à 28 jours est de 61,5%.

 

Les patients de cette série n’étaient pas très âgés puisque le moyenne d’âge des non-survivants était de 64,5 ans et celle des survivants de 51,9 ans. Seuls 19% des patients avaient plus de 70 ans et 4% plus de 80 ans… 94% des patients décédés étaient sous respirateur (ventilation assistée).

En faisant une « lecture critique » de cette publication, ce qui est vivement recommandé en médecine, les patients inclus sont jeunes, on peut même se demander s’ils n’ont pas fait l’objet d’un « Cherry picking », littéralement « Cueillette de cerises », un « biais de sélection » par lequel l’inclusion de sujet plus jeunes serait privilégiée. La publication ne mentionne aucun critère de non-inclusion dans l’étude et les conditions habituel d’admission en réanimation ne sont pas précisées.

Curieusement, le conseil scientifique ne fait aucun commentaire de cette étude dans son avis. Les réanimateurs chinois, ceux d’autres pays qui n’ont pas publié leurs résultats, le conseil scientifique, ont-ils voulu cacher la désespérance des réanimations partout dans le monde, impuissantes à sauver ces patients gravement atteints par le nouveau coronavirus ?

 

En médecine, on ne publie pas toujours les études négatives

Le taux de survie (38,5%, inverse du taux de mortalité) relativement élevé, rapporté par les chinois, tranchait de manière très surprenante avec les informations reçues en provenance d’Italie, où l’on apprenait d’un reportage diffusé le 28 mars qu’à Cremona, située 80 km au Sud de Milan, le personnel de réanimation était au bord de l’épuisement.

 

Plus d’un mois après avoir accueilli son premier malade, malgré tous ses efforts, le service n’a pu sauver aucun patient. Le 19 mars, bien qu’ayant doublé son nombre de lits, l’hôpital était complètement saturé et 59 personnes attendaient aux urgences d’être hospitalisés…

De la bouche du Pr Karine LACOMBE, cheffe du service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital St-Antoine, AP-HP, Paris, interrogée par la mission d’enquête de l’assemblée nationale le 25 juin : « Nous avons vu des personnes arriver à l’hôpital sur leurs deux jambes, sans oxygène, avoir de l’oxygène à 4 litres à midi, être intubés le soir, et pour certains, décéder le lendemain »

 

 

Curieusement, la question du taux de survie, n’aura pas été posée à la réanimatrice, par aucun député…

Un autre chiffre que nous aurons beaucoup de mal à obtenir : Parmi les décès hospitaliers, combien auront été causés par des complications nosocomiales liées à la sédation, l’intubation, et la ventilation mécanique de ses patients en détresse respiratoire ?

Enfin, il serait également très utile de savoir quel a été le taux de survivants chez les patients qui ont fait l’objet de transferts « héroïques » en hélicoptère, en avion militaire et en TGV « sanitaire »

Le 19 avril Edouard Philippe déclarait « Ils ont permis de sauver des vie ».

 

Nous aimerions savoir précisément combien ?

Au-delà de la survie des patients covid-19 en détresse respiratoire, quelle est leur espérance de vie en sortie de réanimation, combien sont réhospitalisés dans les 30 jours, quelles sont leurs séquelles ?

Voilà une idée pour une prochaine chronique Covid…

Auteur(s): François Pesty pour FranceSoir


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