Chronique Covid N°16 – « Et maintenant, on stigmatise les jeunes »

Chronique Covid N°16 – « Et maintenant, on stigmatise les jeunes »

Publié le 29/07/2020 à 12:23 - Mise à jour à 15:35
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Auteur(s): François Pesty pour FranceSoir

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Chronique : Ce lundi 27 juillet 2020, sur Télématin, France 2, à 7h30, on en remet une couche chez les jeunes :

« Cette nouvelle étude canadienne qui montre que les jeunes adultes de moins de 39 ans constituent aujourd’hui la majorité des nouveaux cas de contamination. Ils ne sont pas invincibles mettent en garde les autorités sanitaires, alors qu’Olivier Véran, le Ministre de la Santé, a lancé un appel à la responsabilité et à la prudence ».

 

Le reportage qui suivra les propos d’Anne-Charlotte Hinet, parle d’une « hausse inquiétante » des cas de covid-19 chez les jeunes adultes. 63% des nouveaux cas dépistés la semaine dernière au Canada, dont certains hospitalisés, mais pas de morts, soyez certains que si cela avait été le cas, on nous l’aurait dit…

 

 

Rien d’extraordinaire ! En France, cette classe d’âges représente 23,5% de la population avec près de 16 millions de personnes et au Canada qui a une structure d’âges plus jeune, 27,4% et 10,3 millions.

En France, les 20-39 ans sont donc 2,5 fois plus nombreux que les plus de 75 ans et au Canada ils sont 3,7 plus nombreux. Il est évident que cette population jeune sort davantage, et quoique l’on fasse, respectera moins bien les gestes barrières, [d’ailleurs, est-ce bien nécessaire, alors qu’ils retardent l’acquisition de l’immunité collective chez des personnes très majoritairement en bonne santé], que la population des personnes âgées, dont hélas un certain nombre ne sont plus là. Les 63% sont donc parfaitement cohérents avec la structure des âges dans nos pays (en France et encore plus au Canada).

 

Il est normal et habituel en fin d’épidémie, que le virus qui circule de plus en plus lentement se déploie dans des régions qui n’ont pas encore été touchées et affecte des classes d’âges plus jeunes, plus naïves du virus, parmi les populations qui avaient été enfermées pendant huit semaines…

 

 

 

A 8h00 sur la même chaîne, c’est un reportage qui débute à Paris-plage qui est diffusé pour stigmatiser une fois de plus les jeunes.

 

Anne-Charlotte Hinet « L’épidémie de Covid-19 gagne-t-elle du terrain à Paris et en Île-de-France ? Les derniers indicateurs sont en tous cas préoccupants, avec un taux de positivité à la hausse et de plus en plus de jeunes contaminés »

 

Pour le taux de positivité des tests, nous vérifieront cette information très surprenante, lors de la publication du prochain point épidémiologique hebdomadaire. Dans la chronique précédente nous avions montré au contraire que ce taux poursuivait sa baisse inexorablement. Encore une probable « fake news » de l’ARS île-de-France cette fois-ci ?

 

« Les parisiens peu préoccupés par la circulation du virus ce dimanche sur les hauteurs du parc des Buttes-Chaumont…, les gestes barrières tombés aux oubliettes »

 

Une jeune femme interrogée « Respecter le mètre de distance, ce n’est pas très convivial, donc entre nous on décide qu’on ne reste pas à un mètre ».

 

« Pourtant le seuil de vigilance a été franchi en région parisienne et cela inquiète les autorités sanitaires. 30 foyers de contamination sont actuellement recensés en région île-de-France, dont 10 à Paris. Les patients reviennent dans les hôpitaux, et ils sont en moyenne plus jeunes que la dernière fois ».

 

Tout ceci est normal, nous venons de l’expliquer

Pr Éric CAUMES, Chef du Service des Maladies Infectieuses à La Pitié-Salpétrière, AP-HP, Paris « Beaucoup de franciliens sont partis en vacances, et d’ailleurs il est tout-à-fait possible qu’ils aient exportés avec eux le virus dans leur destination de vacances, donc il faut être vigilant sur ce qu’il se passe à Paris »

 

Bon, on ne comprend plus rien, s’ils sont partis avec le virus, qu’est-ce qui pourrait bien se passer à Paris ?

« Pour éviter une deuxième vague à la fin de l’été, la Mairie de Paris propose de se faire dépister gratuitement à Paris-Plage. 300 tests y sont réalisés chaque jour... »

 

Reconnaissons que ce n’est pas beaucoup

 

Bref, si on ne voulait pas que les jeunes puissent se contaminer maintenant, il n’aurait pas fallu les enfermer durant huit semaines, du 15 mars au 11 mai ? Ils auraient depuis largement contribué à l’acquisition d’une immunité collective, qui seule permettra d’éviter une deuxième vague…

Auteur(s): François Pesty pour FranceSoir


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