Coronavirus: la bombe à retardement des tests faux négatifs

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France-Soir
Publié le 31 mars 2020 - 19:15
Mis à jour le 30 mars 2020 - 20:47
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Coronavirus: la bombe à retardement des tests faux négatifs
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Fusion Medical Animation / Unsplash
La sensibilité des tests varie en fonction de la partie du corps où l’on prélève l'échantillon et du stade de la maladie.
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Plusieurs malades du coronavius en sont morts alors que les tests étaient négatifs. Et que dire de ceux qui ne seront jamais détectés positifs et qui vont disperser le virus? 

Après avoir tardé, la France a finalement adopté l’idée des tests de dépistage massifs du coronavirus. Mais ces tests ont un problème de fiabilité notoire: lorsque le résultat est positif, la fiabilité est de 98%; mais lorsqu’il est négatif, le taux chute à 60%! Cela signifie que 40% des personnes dont le résultat indique qu’elles ne sont pas contaminées, peuvent en réalité être porteuses du virus.

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Personnes peu symptomatiques

La conséquence la plus impressionnante est le cas des patients avec de symptômes sévères, qui peuvent passer jusqu'à trois tests avant d’être diagnostiqués positifs Covid-19. Mais les faux négatifs sont également problématiques dans le cas des personnes peu symptomatiques, qui quittent donc les centres de tests persuadées qu’elles ne vont contaminer personne… De véritables bombes à retardement.

Deux patients contaminés sur cinq seraient diagnostiqués négatifs

Selon Gérald Kierzek, médecin urgentiste à l'hôpital Hôtel-Dieu (AP-HP) de Paris, la proportion de tests qui détectent le coronavirus est faible. De nombreuses personnes contaminées sont donc diagnostiquées comme ne portant pas le virus. Kierzek explique que le test est très spécifique: il est capable de bien détecter la maladie que l'on veut détecter, lorsque l’on sait que la personne est malade. Mais sa sensibilité est faible, et varie de 53 à 88 %. Les tests permettent donc de confirmer une contamination, mais ils sont peu efficaces pour détecter le virus en cas de doute.

 La zone de prélèvement pourrait expliquer les faux négatifs

Certains laboratoires expliquent cette faible fiabilité par la difficulté à réaliser le bon geste sur la bonne zone de prélèvement lors des tests. Alors que certains praticiens prélèvent les sécrétions dans le bas du nez ou de la gorge sans trop gêner le patient, d’autres introduisent leur écouvillon beaucoup plus en profondeur avec des gestes très désagréables pour les patients, qui peuvent d’ailleurs avoir la gorge très irritée à cause de la toux. Unes des causes avancées serait donc la volonté de ne pas faire souffrir les patients.

Vincent Thibault, chef de service du laboratoire de virologie au CHU de Rennes va plus loin. Selon lui, le virus ne se trouve pas dans le nez tout au long des différentes phases de la maladie: il peut être présent dans le nez, puis descendre dans les poumons, et enfin remonter dans le nez dans une phase plus sévère. «Sur 100 patients testés négatifs, il est probable que 30 % d’entre eux étaient infectés par le virus, estime-t-il. Cela ne veut pas dire que le test n’est pas bon mais que nous cherchons le virus au mauvais endroit, là où il n’est pas à toutes les phases de la maladie ». Le docteur  Kierzek ajoute: «si le test est réalisé trop tôt, le virus peut être circonscrit à la zone de la gorge. Rien ne sert de le chercher dans le nez».

Le scanner thoracique pour mieux détecter la maladie du Covid-19?

Aux faux négatifs, les moins critiques des tests ajoutent le problème de leur coût, les difficultés pour l’industrialisation d’une masse des tests, et le délais minimum de 6 à 24 heures pour obtenir un résultat.
Le mieux, selon plusieurs chercheurs, serait de passer également des scanners thoraciques pour pouvoir vérifier l’état réel des poumons. Les scanners devraient donc être réalisés en les couplant aux tests de prélèvements, car ils révèlent les opacités au niveau des deux poumons sans pouvoir certifier qu’il s’agisse de coronavirus ou une autre affection des poumons.

Une AI pour analyser les scanners: suivra-t-on l’exemple de la Chine?

En Chine, les scanners thoraciques ont été la principale méthode de diagnostic utilisée à partir de la mi-février, en raison des problèmes posés par les tests faux négatifs, qui contribuaient à créer des clusters de contamination familiaux difficiles à maîtriser. Pour faciliter la lecture des scanners, le géant du numérique Alibaba a même développé une intelligence artificielle, qui permet d’atteindre 96% de fiabilité. 

 

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