Coronavirus : la France est-elle prête pour une seconde vague ?

Coronavirus : la France est-elle prête pour une seconde vague ?

Publié le 30/04/2020 à 09:29 - Mise à jour à 19:14
 Annalise Batista de Pixabay, France-Soir
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Auteur(s): France-Soir

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Le confinement aura permis de limiter les contaminations et d’éviter des milliers de décès, 62000 si l’on en croit le discours d’Edouard Philippe mardi. A l’inverse, même « prudent et progressif », le déconfinement conduira immanquablement à de nouveaux cas de Covid-19, à une deuxième vague dont on ignore aujourd’hui s’il s’agira d’une vaguelette ou d’un tsunami. 
 
Alors que le virus sera toujours en circulation au moment du déconfinement, la France est-elle prête à affronter cette deuxième vague ? Plusieurs conditions doivent être réunies pour cela d’ici le 11 mai. 
 
Des tests massifs 
 
La première est d’être en capacité de réaliser massivement des tests, comme le souligne une étude de l’Inserm publiée le 12 avril. Trente scénarios ont été modélisés par les chercheurs, qui mènent tous à la même conclusion. 
 
« Les chercheurs montrent que toute stratégie de sortie de la quarantaine généralisée doit être avant tout accompagnée d’un déploiement massif des tests de dépistage et d’un isolement des cas détectés »
 
Le gouvernement a prévu 700 000 tests virologiques hebdomadaires, sur la base d’une estimation de 1000 à 3000 nouveaux cas quotidiens et une moyenne de 25 personnes contact pour un malade. Cela a été précisé hier à l’Assemblée Nationale : tous ces cas "contact" seront dépistés, même en l’absence de symptômes. 
 
L’isolement des malades 
 
Notons que le 15 avril dernier, devant le Sénat, le président du Conseil scientifique faisait état d’une prévision d’au moins 10000 contaminations par jour au déconfinement. Les mesures de différenciations par département, de distanciations et de limitation des déplacements n’étaient cependant pas encore annoncées. 
 
En ce qui concerne l’isolement des personnes contaminées, ces dernières auront le choix entre une quarantaine au domicile, impliquant tous les membres du foyer, et à l’hôtel. Si le groupe Accor a déjà annoncé la mise à disposition de ses 300 établissements, d’autres pourront être réquisitionnés. 
 
Cette stratégie bute cependant sur un écueil, souligné par le directeur général de la santé Jérôme Salomon lui-même : « Avant d’avoir un test, il est très possible de contaminer des personnes puisqu’on a cette partie de contagiosité décrite par les formes peu symptomatiques ou par des personnes avant l’apparition des symptômes ». 
 
L’hôpital se tient prêt
 
Les nouveaux cas pourront donc être limités, mais pas évités, ce qui fait une nouvelle fois de l’hôpital la pierre angulaire de la lutte contre l’épidémie. Ce qui implique d’avoir du personnel soignant prêt pour une seconde vague, des stocks suffisants de matériels (masques, mais aussi surblouses, charlottes…) et, de médicaments, ainsi qu’une capacité hospitalière suffisante. 
 
Concrètement, il faudra suffisamment de lits prêts à accueillir des patients Covid. Mercredi soir, 4207 personnes étaient toujours en réanimation. Même si ce chiffre décroît jour après jour, il faut ajouter les malades en soins intensifs souffrant d’autres pathologies. La France est toujours, à l’heure actuelle et à 11 jours du déconfinement, au-dessus de ses capacités hospitalières de base, qui sont de 5000 lits de réanimation.

Auteur(s): France-Soir


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