Croyances et sciences seraient-elles mêlées à des conflits d’intérêt ? La France sombrerait-elle dans un drame inévitable ?

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Croyances et sciences seraient-elles mêlées à des conflits d’intérêt ? La France sombrerait-elle dans un drame inévitable ?

Publié le 26/10/2020 à 19:01 - Mise à jour à 20:34
Nino Carè
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Auteur(s): FranceSoir

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Dans une vidéo parue ce 26 octobre, le professeur Raoult explique qu’avec l’ancien directeur de l’ANSM (agence nationale de la santé et du médicament) « ils ont demandé une RTU (règlement temporaire d’utilisation) pour l’hydroxychloroquine. »  Dans cette même vidéo il rajoute que « Quelques mois plus tard, l’IHU reçoit une réponse négative à sa demande de RTU au motif que l’on ne savait pas»  et déclare « ceci ne peut pas être une position scientifique consensuelle car il y a des tas d’études qui rapportent que l’hydroxychloroquine est efficace ».  De plus il y rapporte que « Sanofi nous dit que le ministère de la Santé, et j’en attends confirmation, mets des freins sur les commandes faites à partir de l’IHU.  Cela nous empêche de soigner avec ce que nous pensons être le meilleur traitement possible.  J’espère que nous aurons rapidement un courrier du ministère de la Santé nous disant qu’il ne mette pas d’opposition.  Actuellement nous ne pouvons pas traiter les patients ».

 

Sanofi, ministère de la Santé, ANSM qui refuse une RTU pour un médicament qui pendant 70 ans n’a pas connu de problème majeur.  Revenons un peu sur le classement de l’hydroxychloroquine comme substance devant être  prescrite par les médecins après avoir été en vente libre pendant des décennies.

Des liens d’intérêt et des croyances

En pleine crise sanitaire mondiale majeure et sans précédent, le président Emmanuel Macron choisit d’être conseillé par Bertrand Thirion, mari de la collègue de sa belle-fille, Christelle Lorenzato Auzière qui mène des essais cliniques chez SANOFI, entreprise pharmaceutique en première ligne depuis le début de la crise du COVID 19.  

A travers de ses actes et décisions, le président aurait-il favorisé ainsi l’émergence d’un traitement 200 fois plus cher que celui du professeur Didier Raoult et laisser notre destin en d’autres mains que ceux des experts reconnus mondialement ?

 

Un petit rappel des faits rétrospectifs sur les liens avec Bertrand Thirion et Sanofi

  • Le 12 mai 2001, Bertrand Thirion épouse Marie Frappé sous les yeux du christ cosmique et vivent dans une petit village de l’Essonne. Bien intégrés dans cette paroisse et sa vie religieuse, madame chante dans la chorale et monsieur cultive le mélange des genres entre science et religion.  Voici ce qu’il déclare concernant le projet qu’il est en train de mettre en place : « Le Centre Teilhard de Chardin pourra être le lieu d’un dialogue exigeant entre foi et science, si nécessaire alors que prospèrent les approximations, fake news et 'vérités alternatives' : une maison pour des chercheurs ! ». Son mentor, Pierre Teilhard de Chardin, prêtre jésuite et scientifique disait ceci : « Le point Ω représente le pôle de convergence de l'évolution. Le Christ cosmique manifeste l'avènement d'une ère d'harmonisation des consciences fondée sur le principe de la coalescence des centres ».
  • Le 1er octobre 2007, Marie Thirion Frappé est embauchée chez SANOFI, comme manager d’essais cliniques tout comme Jérôme Msihid dont elle est collègue et amie sur les réseaux sociaux.
  • 27 mai 2004, le Plaquenil® (hydroxychloroquine) obtient une autorisation de mise sur le marché par SANOFI-AVENTIS France au prix de 4.17€.
  • Le 16 décembre 2015, ENSAI Alumni propose aux anciens élèves de l’ENSAI de se retrouver à l’occasion d’une conférence suivie d’une discussion autour de la création d’un médicament, dans les locaux du cabinet de conseil Acceniom, 43-45 Avenue Kléber, 75016 PARIS. Jérôme Msihid (Promotion 2001) et sa collègue Christelle Lorenzato Auzière (Promotion 1999) animent cette conférence.

  • 23 juin 2017, Kevzara® (sarilumab)une molécule potentiellement concurrente à l’hydroxychloroquine d’après son brevet en annexe I cette molécule viendrait affecter la citokyne IL-6 qui est bien inhibée par l’hydroxychloroquine (Annexe II) - obtient une autorisation de mise sur le marché par SANOFI-AVENTIS France au prix de 800,53€.
  • Le 12 janvier 2020 la ministre de la Santé Agnès Buzyn, classe l’hydroxychloroquine sur la liste des substances vénéneuses.
  • 25 février 2020, le Professeur Didier Raoult tient une conférence vidéo durant laquelle il affirme traiter les patients atteints du COVID 19 par l’association de l’hydroxychloroquine et de l’azithromycine.
  • 5 mars 2020, l’alliance SANOFI-REGENERON obtient le brevet WO/2020/047029 (Annexe I) qui vient compléter un premier brevet obtenu le 6 aout 2015 sous le code WO/2015/116852 et qui concerne Kevzara® (sarilumab). La lecture de ces documents nous apprend que Jérôme Msihid, manager d’essais cliniques chez SANOFI en est le co-inventeur.
  • 16 mars 2020, SANOFI et la société new-yorkaise de biotechnologies REGENERON lancent un programme clinique visant à évaluer Kevzara® (sarilumab) chez des patients hospitalisés pour une forme sévère de COVID-19.  De plus Regeneron est la société ayant fournie le traitement utilisé par le président américain Trump.
  • 19 mars 2020, le ministre de la Santé, Olivier Véran qui s’est entretenu avec le Pr Raoult demande une étude indépendante sur le traitement par l’hydroxychloroquine portant sur un nombre plus important de patients. "Jusqu'ici je ne l'ai pas évoqué tant que nous n'avons pas la garantie de la sécurité sanitaire et de son utilité pour les Français", déclare-t-il lors d'une audition au Sénat. De son côté, le remdesivir, médicament de Gilead aux propriétés toxiques importantes obtiendra en juillet une ATU de l’agence Européenne du médicament alors que les bénéfices patients ne sont pas prouvés . Le professeur Lina déclarera au Sénat bien plus tard que ce médicament avait été inclus « afin d’éviter des pertes de chance aux patients. »
  • Le 24 mars 2020, Bertrand Thirion est installé à l’Élysée comme membre d’un nouveau et second conseil scientifique : le CARE, pour Comité Analyse Recherche et Expertise, constitué de 12 chercheuses, chercheurs et médecins. Il complète le Conseil scientifique déjà en place qui est dédié à la gestion de crise dans son ensemble. Le CARE est plutôt là « pour progresser sur les diagnostics et les traitements » comme l’a précisé Emmanuel Macron.
  • Le 30 mars 2020, Bertrand Thirion reconnaît au travers de sa déclaration publique d’intérêt, avoir « un proche parent ayant des activités ou des intérêts financiers dans toute structure dont l’objet social entre dans le champ de compétence, en matière de santé publique et de sécurité sanitaire, de l’instance collégiale, objet de la déclaration. » Il s’agit de Marie Thirion Frappé, sa propre épouse.

 

 

Bertrand Thirion ferait-il appel au christ cosmique pour conseiller Emmanuel Macron ?

  • En parlant des fake news, dénoncées par Bertrand Thirion, Marie Thirion Frappé s’émeut sur son profil public Facebook, d’une photo, soi-disant prise par un ami de son papa à Versailles, montrant des nuages dans le ciel qui forment un archange. Elle affirme que cette photo a été prise à Versailles par un membre de la communauté d’Emmanuelle pendant la bénédiction Urbi et Orbi du 27 mars 2020. En quelques clics, il est évident que cette photo circule sur les réseaux depuis des années, qu’elle n’a pas été prise en France et que l’archange est formé par des trainées d’avion.

  • Mais tout cela pourrait rester à l’échelle de l’anecdote, si à ce mélange des genres dangereux entre religion et science de la santé, ne venaient pas s’ajouter les liens d’intérêts et éventuels conflits listés plus haut.
  • Un autre curieux mélange des genres reste à élucider. Plusieurs membres de cette famille travailleraient pour les banques et les courtiers du clergé. Le Christ Cosmique rapporterait-il gros ?

Science et croyances se retrouveraient-elles dans un dangereux mélange des genres ?

 

Donc si l’on résume, l’Elysée est conseillée par le mari de la collègue de sa belle fille qui elle-même collabore avec le codétenteur de brevets sur un médicament qui pourrait traiter le COVID-19 tout comme le Plaquenil, mais pour 200 fois plus cher !!! Ou quelque 600 fois plus cher pour le remdesivir.

Pendant que Sanofi et le ministère de la Santé mettent un frein sur les commandes d’hydroxychloroquine de l’IHU pour soigner des gens, Gilead promeut encore un médicament qui a été acheté à un prix supérieur très élevé sans avoir prouvé aucun bénéfice pour les patients. Outre que Sanofi est parti sur un vaccin avec Glaxo mais a beaucoup de retard. Donc le Sarulimab est un médicament potentiel permettant de remplir les coffres rapidement à un bien meilleur prix que celui de l’hydroxychloroquine. De leur côté les citoyens s’inquiètent et les patients ne sont pas soignés.

 

Annexe I Brevet Regeneron/Sanofi

Annexe II

 

Auteur(s): FranceSoir


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