Déodorants et sels d'aluminium: un risque de cancer du sein dans 80% des produits

Principe de précaution

Déodorants et sels d'aluminium: un risque de cancer du sein dans 80% des produits

Publié le :

Lundi 26 Septembre 2016 - 13:22

Mise à jour :

Lundi 26 Septembre 2016 - 13:31
Une étude suisse révélée ce lundi affirme que les sels d'aluminium présents dans 80% des déodorants favoriserait le cancer du sein. Une étude qui va dans le sens de plusieurs autres préconisant de limiter la concentration de ces substances. Mais la réglementation européenne est plus souple, ce que ne manque pas de rappeler les professionnels du secteur.
©Flickr/Creative Commons
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Faut-il s'inquiéter au moment de se mettre du déodorant? Oui dans 80% des cas selon une étude suisse portant sur l'impact des sels d'aluminiums contenus dans la majorité de ces produits et révélée ce lundi par Europe 1. Selon ces recherches, ces substances favoriseraient l'apparition du cancer du sein.

Pour en arriver à cette conclusion, les chercheurs à l'origine de l'étude ont exposé in vitro des cellules mammaires de souris à ces substances. Après plusieurs mois d'exposition, elles ont été réinjectées aux rongeurs. Ceux-ci ont développé par la suite des cancers du sein avec des tumeurs très agressives et des métastases.

Selon le professeur André-Pascal Sappino cité par la radio nationale:  "il est clair que c'est un réquisitoire qui s'alourdit à l'encontre de ces sels. Les expériences in vitro, puis chez l'animal, sont tellement concordantes et sérieuses en termes d'effet que ça nous impose un principe de précaution".

Ce n'est en effet pas la première étude qui met en garde contre l'utilisation des sels d'aluminium dans les déodorants, même si les précédentes datent un peu et manquent de données. Une évaluation de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) datant de 2011 mettait en évidence que "le devenir de l’aluminium après exposition par voie cutanée est très mal connu".

Toutefois l'Agence avait conclu qu'un déodorant contenant 5% d'aluminium (ou 20% de chlorohydrate d’aluminium) conduit à un taux d’absorption cutanée de 0,5 %. Un chiffre qui monte cependant à 18% sur peau lésée.  L'ANSM a donc recommandé que la concentration maximale en aluminium soit restreinte à 0,6 % dans les produits antitranspirants, soulignant qu'une application sur peau lésée présente des risques quel que soit le taux d'aluminium.

Toutefois, cette recommandation ne fait pas office d'obligation en France car en la matière ce sont les règles européennes qui prévalent. Et selon Bruxelles, les données existantes ne permettent pas d'établir un risque.

Une réglementation que ne se prive pas de rappeler les entreprises de cosmétiques. Ainsi les sels d'aluminium ne présenterait  "en aucun cas" un risque pour la santé, peut-on lire sur le site de la marque Dove. "Les sels d’aluminium, qui permettent de contrôler efficacement la transpiration, sont parfaitement inoffensifs", assure de son côté la Fédération des Entreprises de la Beauté (FEBEA), principal syndicat des entreprises de cosmétique.

Et si ces sels d'aluminium sont présents dans huit déodorants sur dix, le taux de concentration n'est, lui, jamais indiqué.

 

Les sels d'aluminium, notamment le chlorohydrate d’aluminium, sont présents dans 80% des déodorants, en quantités non précisées.

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