Ebola: l'OMS de nouveau mise en cause

Ebola: l'OMS de nouveau mise en cause

Publié le :

Lundi 11 Mai 2015 - 19:20

Mise à jour :

Lundi 11 Mai 2015 - 19:30
©Baz Ratner/Reuters
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Un rapport commandé par l'ONU et en partie dévoilé ce lundi met en avant la mauvaise gestion par l'Organisation mondiale de la santé de l'épidémie d'Ebola. L'organisation avait déjà été critiquée dans cette crise sanitaire responsable de 11.000 décès.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) est de nouveau pointée du doigt dans sa gestion de l'épidémie d'Ebola. Et cette fois-ci ce n'est pas par une association humanitaire ou un gouvernement. L'Organisation des nations unies, dont l'OMS est un organe, a commandé à un groupe d'experts indépendants un rapport sur le comportement de celle-ci face à la crise sanitaire.

Une version préliminaire a été publiée ce lundi et elle n'est pas favorable à l'OMS. Le texte dénonce les retards et défaillances de l'organisation. Premier reproche qui lui est fait: avoir tardé à reconnaître et rendre officielle l'existence d'une nouvelle épidémie.

Les premiers cas avaient été repérés en décembre 2013, la Guinée avait donné l'alerte en mars 2014, rapidement imitée par Médecins sans frontières. A l'époque l'OMS avait constaté "une flambée de maladie à virus Ebola en Guinée". Mais ce n'est qu'en août qu'elle avait déclaré "l'urgence de santé publique de portée mondiale". Un millier de personnes étaient alors déjà mortes.

En plus de son retard face à cette épidémie "sans précédent", il est reproché à l'OMS de "graves lacunes dans les contacts avec les communautés locales au cours des premiers mois de l'épidémie". Selon le rapport, l'OMS ne serait tout simplement pas capable de faire face à ce genre de situation: "il y a un consensus fort pour dire que l'OMS n'a pas une capacité et une culture suffisamment fortes pour mener des opérations d'urgence ".

Déjà l'organisation avait été la cible d'un rapport accablant de Médecins sans frontière en mars dernier, un an après le début de l'épidémie.

Le rapport commandé par l'ONU relève cependant d'autres responsabilités. Les pays occidentaux se voient notamment reprocher de n'avoir déployé de moyens suffisants que lorsque la maladie menaçait d'arriver sur leur territoire.

La défiance des populations des pays les plus touchées (Libéria, Guinée et Sierra Leone) à l'égard de leurs dirigeants aurait également joué. Les citoyens de ces pays ne faisant pas confiance à leur gouvernements, ils n'ont été que peu enclins à suivre les recommandations sanitaires.

L'épidémie d'Ebola a fait plus de 11.000 victimes en Afrique. Samedi 9, l'OMS a annoncé la fin de l'épidémie au Libéria, pays le plus touché avec 4.716 morts. L'épidémie est considérée comme terminée lorsqu'aucun nouveau cas n'est diagnostiqué pendant 42 jours. La Guinée et la Sierra Leone continuent de combattre le virus.

 

En un peu plus d'un an, le virus Ebola aurait fait plus de 11.000 victimes au Libéria, en Guinée et en Sierra Leone.


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