Scandale de la Dépakine: la lanceuse d'alerte Marine Martin s'exprime sur son long combat

Scandale de la Dépakine: la lanceuse d'alerte Marine Martin s'exprime sur son long combat

Publié le :

Jeudi 06 Avril 2017 - 10:13

Mise à jour :

Jeudi 06 Avril 2017 - 10:53
© Agnès COUDURIER-CURVEUR / AFP/Archives
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La rédaction de FranceSoir.fr

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La mère de famille Marine Martin se bat depuis cinq ans pour les enfants victimes de la Dépakine, un médicament antiépileptique commercialisé par le laboratoire Sanofi. A l'occasion de la sortie de son livre ce jeudi, la lanceuse d'alerte a répondu aux questions de "Paris-Normandie" et de "L'Obs" et est revenue sur sa longue lutte.

Le scandale de la Dépakine a été mis à jour grâce à elle: Marine Martin, mère de deux enfants victimes du médicament antiépileptique qu'elle prenait, sur les conseils de son médecin, alors qu'elle était enceinte. Les symptômes de Nathan et Salomé: des malformations et des troubles autistiques comme 3.800 autres "enfants touchés" selon leur mère.

A l'occasion de la sortie de son livre ce jeudi 6, Dépakine, le scandale (éditions Robert Laffont), la mère de famille s'est entretenue avec L'Obs et Paris-Normandie et est revenue sur son combat.

Marine Martin a créé l'Association d'aide aux parents souffrant du syndrome de l'anti-convulsivant (Apesac) en 2011. Grâce à celle-ci, "nous avons obtenu le changement des prescriptions au niveau européen (sauf en Italie et en Espagne): désormais, on ne prescrit plus la Dépakine en première intention" souligne-t-elle. Mais ce n'est pas tout. Fin 2016, un fond d'indemnisation des victimes de la Dépakine a été voté à l'unanimité à l'Assemblée nationale: dix millions d'euros en tout.

Mais "pour fixer le montant de l'indemnisation de façon individuelle, deux types d'expertises vont être menés (...) Cela va prendre des années". Le but de Marine Martin: "que Sanofi paye", mais si le laboratoire refuse de s'y soumettre, "l'Etat se substituera au labo. Ce sont donc les impôts des Français qui serviront à indemniser les familles, ce qui n'est pas juste".

Le combat n'est donc pas terminé puisque le laboratoire réfute toujours les accusations à son encontre en retournant la faute sur l'Agence nationale du médicament (ANSM) qui n'aurait "pas mis les notices en conformité".

"Je veux obtenir une condamnation du laboratoire pour que l'Etat puisse ensuite se retourner contre lui" a indiqué Marine Martin à L'Obs. Dans ce sens, l'Apesac a porté plainte au civil contre Sanofi en action de groupe en décembre dernier, de plus, une procédure au pénal a aussi été engagée.

Si la population est plus informée aujourd'hui, notamment grâce à l'émission Envoyé spécial, diffusée sur France 2 le 16 mars dernier, beaucoup reste à faire pour éviter que d'autres enfants naissent avec des déficiences c'est pourquoi Marine Martin a écrit un livre qui sort ce jeudi 6: Dépakine, le scandale. Je ne pouvais pas me taire. Selon une étude publiée en annexe de l'ouvrage, 14.000 personnes "ont présenté des atteintes causées par l'exposition in utero au valproate de sodium", la molécule active de la Dépakine.

Comme beaucoup d'autres, les deux enfants de Marine Martin sont touchés par des malformations et des troubles autistiques à cause de la Dépakine.


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