Maladies cardiovasculaires: les femmes migraineuses plus à risques

Maladies cardiovasculaires: les femmes migraineuses plus à risques

Publié le :

Lundi 06 Juin 2016 - 08:37

Mise à jour :

Lundi 06 Juin 2016 - 08:37
D'après une récente étude allemande, les femmes migraineuses feraient plus d'AVC et d'infarctus que les autres et auraient 50% de risques en plus d'en mourir. Des résultats à prendre avec des pincettes sachant qu'il n'existe aucun test diagnostic certain sur la maladie migraineuse.
©Martin Lee/Rex Featur/Rex/Sipa
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La rédaction de FranceSoir.fr

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La double peine. Selon une étude allemande parue la semaine dernière dans le British Medical Journal, les femmes qui souffrent de migraines font plus d'AVC et d'infarctus que les autres et ont 50% de risques en plus d'en mourir. 

Pour en arriver à cette inquiétante conclusion, des chercheurs de l'université de Berlin ont suivi plus de 115.000 femmes âgées de 25 à 42 ans pendant douze ans. Si toutes étaient en bonne santé, 15% d'entre elles souffraient d'une migraine officiellement diagnostiquée.  Au cours de l'étude, 1.300 cas de maladies cardiovasculaires ont été répertoriés dont 223 ont entraîné la mort. Les chercheurs ont ainsi constaté que les femmes migraineuses avaient 39% de risques en plus de faire un infarctus et 62% de faire un AVC. Le risque relatif de mortalité était en outre accru de 50% chez elles. Un tel phénomène n'a jamais été observé chez les hommes.

Des résultats à prendre toutefois avec des pincettes pour Marie-Germaine Bousser, ancienne chef du service de neurologie à l’hôpital Lariboisière (Paris). "Chacun sait décrire une crise de migraine, un migraineux peut dire quand il en souffre. Mais on ne dispose d’aucun test diagnostic certain sur la maladie migraineuse, et on la définit par un consensus", explique-t-elle à Pourquoi Docteur. Par ailleurs, l'étude n'établit pas de distinction entre les patientes migraineuses avec ou sans aura (une migraine avec aura est une migraine accompagnée de symptômes neurologiques transitoires comme les troubles de la vue, de la sensibilité, de la parole…).  "C’est une précision importante car dans les études précédentes, c’est surtout dans la migraine avec aura qu’il semblait y avoir un lien. Et on n’a aucune idée de la fréquence et la sévérité des crises", déplore Marie-Germaine Bousser.  En conclusion, les auteurs de l'étude plaident donc pour une meilleure compréhension des processus biologiques liés à la migraine, mal qui touche environ un quart de la population mondiale. 

Les femmes migraineuses auraient 39% de risques en plus de faire un infarctus.


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