Un rapport s'inquiète sur la santé psychiatrique des migrants en France

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Un rapport s'inquiète sur la santé psychiatrique des migrants en France

Publié le :

Mercredi 06 Septembre 2017 - 07:50

Mise à jour :

Mercredi 06 Septembre 2017 - 10:32
Le Comité médical pour les exilés (Comede) a réalisé une étude publiée mardi indiquant que les pathologies psychiatriques étaient surreprésentées chez les migrants en France. Cette population est en outre victime d'un cercle vicieux où statut administratif et santé mentale s'aggravent mutuellement.
© PHILIPPE HUGUEN / AFP/Archives
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La rédaction de FranceSoir.fr

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Des expériences traumatisantes, un voyage souvent difficile, des conditions de vie précaires, et au bout du chemin, une surreprésentation de pathologies psychiatriques dans cette population. Un rapport publié mardi 5 dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire s'inquiète de l'état de santé mentale chez les migrants et les exilés en France, alertant sur le nombre important de troubles psychiques chez ces personnes.

C'est le Comité médical pour les exilés –le Comede– une structure qui existe depuis une quarantaine d'années, qui a conçu le rapport basé sur les consultations de 16.095 migrants et exilés reçus entre 2007 et 2016 pour un bilan de santé. Selon les chercheurs, 16,6% des patients ayant consulté les médecins de ce service sur cet intervalle souffraient de problèmes psychiatriques, parfois lourds et qui nécessiteraient plusieurs mois de prise en charge.

La population concernée a souvent traversé un climat de violences propice à l'apparition de traumatisme. Sur les 5.000 personnes interrogées sur l'intervalle 2012/2016, 62% ont été victimes de violences, 14% ont été torturées et 13% ont subi des violences sexuelles allant du viol à l'excision. En outre, 98% de l'ensemble des patients n'avaient pas de logement stable au moment de l'examen, 38% ne pouvait pas s'exprimer en français et presque un quart ne mangeaient pas à leur faim.  

Les médecins du Comede s'inquiètent enfin d'un cercle vicieux administratif. En effet, une personne souffrant de troubles psychiatriques a globalement moins de chances de voir aboutir une demande d'asile, par manque de capacité à monter un dossier clair et rigoureux. Or, l'absence de stabilité administrative peut agir comme un facteur aggravant des troubles pathologiques en empêchant une prise en charge efficace.

Les épreuves vécues par les migrants peuvent entraîner l'apparition de troubles psychiques.

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