Pesticides: du poison dans les cheveux des femmes, danger pour leurs enfants

Pesticides: du poison dans les cheveux des femmes, danger pour leurs enfants

Publié le :

Jeudi 12 Mars 2015 - 10:50

Mise à jour :

Jeudi 12 Mars 2015 - 17:50
©Andrea Portilla/Flickr
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Pierre Plottu

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La contamination des femmes de l'Ile-de-France par les pesticides serait "généralisée", à en croire une étude de l'association Générations Futures publiée mardi 10. Des résultats inquiétants, quant on sait que ces produits sont nocifs et se transmettent de la mère à son fœtus lors de la grossesse.

Pesticides et autres retardateurs de flamme: les cheveux des femmes regorgent de poisons. C'est en tout cas la conclusion d'un rapport publié mardi 10 par l'association Générations Futures et portant sur les femmes en âge de procréer (18 à 44 ans) afin de déterminer une éventuelle présence de ces perturbateurs endocriniens (l'endocrine est une glande sécrétant les hormones dans le sang de l'homme et de la femme) nocifs notamment pour les fœtus et les jeunes enfants.

Concrètement, ce sont 28 échantillons de cheveux de femmes vivant en Ile-de-France, prélevés entre mars et octobre 2014, qui ont été analysés par un laboratoire indépendant, précise Générations Futures. Au total, 64 substances suspectées d'être des perturbateurs endocriniens ont été recherchées, dont des pesticides, des retardateurs de flammes bromés et des PCB (polychlorobiphényles).

Les résultats sont accablants: 21,35 perturbateurs endocriniens, dont 19,42 pesticides, ont été retrouvés en moyenne par prélèvement, avec un maximum de 32 et un minimum de 12. "Ces résultats montrent une contamination généralisées de ces femmes en âge d’avoir des enfants", s'alarme François Veillerette, porte-parole de Générations Futures. "(Cela) nous inquiète énormément sur de possibles effets qui pourraient apparaître plus tard dans la vie des enfants de ces femmes", avertit-il, soulignant que la grossesse est un moment clé de la contamination par les produits chimiques présents dans l'organisme de la mère.

Le porte-parole de l'association pointe également "des différences importantes entre les personnes, ce qui montre que leur environnement et/ou leur alimentation jouent un rôle important dans leur niveau d’exposition". Ainsi, faire la chasse aux pesticides et manger sainement ne suffirait pas. Ce que semble confirmer le témoignage de l'une des cobayes, Nadine (38 ans), contaminée par une vingtaine de produits et citée par France Info"honnêtement j’ai été surprise par les résultats alors que depuis plus de 10 ans je n’ai mangé que bio, je fais très attention aux produits chimiques".

Une étude qui n'est pour autant pas à prendre pour agent comptant, car elle ne porte que sur 28 cas étudiés. Générations Futures précise d'elle-même dans son rapport que les résultats n'ont "pas de valeur statistique significative au regard du faible nombre d’échantillons analysés, mais sont illustratifs de la problématique traitée".

 

"L'environnement et/ou l'alimentation jouent un rôle important dans le niveau d’exposition" aux perturbateurs endocriniens, assure Générations Futures.


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