Moins de graisses et 5 fruits et légumes par jour: des recommandations officielles aux effets négatifs dans les pays les plus pauvres

Moins de graisses et 5 fruits et légumes par jour: des recommandations officielles aux effets négatifs dans les pays les plus pauvres

Publié le :

Mercredi 30 Août 2017 - 11:43

Mise à jour :

Mercredi 30 Août 2017 - 12:03
© SAFIN HAMED / AFP
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La rédaction de FranceSoir.fr

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Les recommandations officielles issues des autorités sanitaires sont formelles: il faut limiter l'apport en graisses et consommer idéalement cinq portions de fruits et de légumes. Or, ces conseils répandus mondialement auraient des effets particulièrement pervers dans les pays les moins avancés, selon une étude de chercheurs canadiens publiée mardi.

Les conseils sont déjà bien connus dans les pays les plus développés: moins manger de gras, et, dans l'idéal, consommer au moins cinq fruits et légumes par jour. Or, deux études viennent de balayer en brèche ces bonnes intentions qui, si elles ont des impacts positifs dans les pays les plus riches, auraient des conséquences catastrophiques dans les pays pauvres où elles sont pourtant émises par les autorités sanitaires internationales.

C'est la revue de référence The Lancet qui a publié mardi 29 ces études (ici et ici) qui ont été menées par des chercheurs de l'Université McMaster à Hamilton au Canada. Premier comportement à risque dans le viseur des chercheurs: l'idée qu'il faut systématiquement favoriser un régime pauvre en graisses. Or, explique l'étude dédiée à cette question, désinciter les habitants des pays pauvres à consommer des graisses va les pousser à se rabattre sur les glucides (comme les pommes de terre ou le riz), aisément à disposition dans de nombreux pays. Mauvaise idée, car selon cette étude, le fait de tirer plus de 60% de ses besoins énergétiques quotidiens des glucides est associé à un risque supplémentaire de décès de 28%. Autrement dit, la consommation de graisses reste toujours préférable à son absence si cette dernière appauvrit au bout du compte la diversité du régime. Or, la recommandation officielle occulte la réalité du terrain, celle de pays où les ressources nutritives ne sont pas aussi nombreuses qu'un pays avec un stade de développement avancé.

Autre erreur grossière, assure l'étude, le fameux credo du "cinq fruits et légumes par jour". L'étude dédiée explique en effet que le rythme est très difficile, voire impossible, à tenir dans les pays les moins avancés. Or, les messages officiels refusent de s'adapter à cette réalité alors qu'il suffirait dans certains pays ciblés de ne conseiller que "trois à quatre portions de fruits" pour rester audible et crédible, avec des gains pour la santé relativement proches. "Il ne s'agit pas de suggérer aux habitants des pays riches, qui consomment déjà cinq portions de fruits et légumes, d'en manger moins" explique Victoria Miller, l'un des chercheurs responsables de l'étude, "mais consommer trois à quatre portions est une approche plus abordable pour les pays à revenu faible et intermédiaire".

Les objectifs sont difficiles à tenir pour certains pays et peuvent générer des effets secondaires néfastes.

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