Un voyageur sur deux revient d'une zone tropicale avec des bactéries multi-résistantes

  •  SOUTENEZ L'INDEPENDANCE DE FRANCESOIR, FAITES UN DON !  

Un voyageur sur deux revient d'une zone tropicale avec des bactéries multi-résistantes

Publié le 17/07/2015 à 12:49 - Mise à jour à 13:28
©Ali Pourshariati/Flickr
PARTAGER :

Auteur(s): RT

-A +A

Selon une étude parie dans la revue "Clinical Infectious Disease", 51% des voyageurs de retour d’une région tropicale présentent des entérobactéries multi-résistantes dans leur organisme. Fort heureusement, 95% d’entre eux s’en débarrassent spontanément dans les trois mois suivant leur périple.

Voilà une étude qui risque de déplaire à de nombreux vacanciers en partance pour l’Asie, l’Amérique du Sud ou l’Afrique. Selon des travaux de chercheurs français publiés dans la revue Clinical Infectious Disease, un voyageur sur deux (51%) de retour d’une région tropicale présente des entérobactéries multi-résistantes dans son organisme. Inutile toutefois de paniquer puisque 95% d’entre eux s’en débarrassent naturellement et sans s’en rendre compte dans les trois mois suivant leur périple.

Pour mener cette étude, des chercheurs des services des maladies infectieuses et tropicales de l’AP-HP (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris) ont suivi 824 personnes avant et après un retour en zone tropicale. Ces dernières devaient répondre à un questionnaire médical et fournir un prélèvement de selles dans la semaine précédant leur départ puis dans les trois jours suivant leur retour. Les scientifiques ont alors observé que 51% des voyageurs présentaient dans leur tube digestif des entérobactéries multi-résistantes. Ceux revenant d’Asie en sont les plus porteurs (plus de 72%), devant ceux qui rentrent d’Afrique subsaharienne (plus de 47%) et d’Amérique du Sud (plus de 31%).

Les voyageurs contaminés ont généralement attrapé ces bactéries après avoir eu la diarrhée et pris des antibiotiques. Car ces derniers altèrent la flore intestinale et l’empêchent de lutter contre les bactéries extérieures. Celles-ci peuvent donc s’installer dans l’intestin du voyageur, s’adaptant à ses antibiotiques (d’où le terme de "multi-résistantes"). Si la plupart de ces bactéries ne sont pas dangereuses, certaines peuvent provoquer de graves infections alors difficiles à soigner en raison de la résistance au traitement.

Aussi, afin de pouvoir éliminer ce genre de bactéries, les chercheurs préconisent la mise au point de nouveaux traitements adaptés à une résistance aux antibiotiques. "Ces résultats soulignent la nécessité d’étudier l’implication des entérobactéries multi-résistantes chez les patients déclarant une infection dans les 3 mois suivant leur retour de zone tropicale. Ainsi, les professionnels de santé de ville et hospitaliers pourront prescrire un traitement adapté à une éventuelle résistance aux antibiotiques", expliquent-ils dans un communiqué publié sur le site de l'AP-HP.

Ils insistent également sur "l’importance d’un usage prudent des antibiotiques (souvent consommés de manière excessive en cas de simple diarrhé)". Car plus le voyageur prendra des antibiotiques, plus les bactéries deviendront résistantes. Et de rappeler au "respect des règles de prévention et d’hygiène élémentaires (laver les aliments, se laver les mains, boire de l’eau en bouteille, etc.) pendant le voyage".

Pour découvrir les recommandations de l’Institut national de veille sanitaire aux voyageurs, cliquez sur ce lien. 

 

 

Auteur(s): RT


Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.




PARTAGER CET ARTICLE :


L'Asie est le continent où les voyageurs sont le plus susceptibles d'attraper des bactéries multi-résistantes.

Annonces immobilières

Newsletter


Fil d'actualités Société




Commentaires

-