Vin: l'association à l'origine de la campagne de pub se défend

Bras de fer

Vin: l'association à l'origine de la campagne de pub se défend

Publié le :

Jeudi 10 Décembre 2015 - 11:02

Mise à jour :

Jeudi 10 Décembre 2015 - 11:16
Alors que la Haute Autorité de Santé (HAS) s'est insurgée contre une campagne publicitaire vantant les bienfaits du vin, l'association qui en est à l'origine s'est défendue. Mettant en cause "la cohérence des autorités de santé", elle affirme s'appuyer sur des "sources officielles".
©Alejandro Pagni/AFP
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La rédaction de FranceSoir.fr

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La guerre est déclarée. Accusée d'instrumentalisation par la Haute autorité de santé (HAS), l'association Vin et Société, qui regroupe producteurs et négociants viticoles, a affirmé mercredi à l'AFP que sa campagne de publicité controversée s'appuie sur des "sources officielles" et a mis en cause "la cohérence des autorités de santé".

"On est sur des sources officielles, on n'a rien à se reprocher", a déclaré à l'AFP la déléguée générale de Vin et Société, Audrey Bourolleau, à propos de la "campagne d'information" sur les "repères de consommation" lancée dimanche dans la presse et sur internet.

Ces publicités mentionnent des quantités maximales de 2 verres (10 centilitres de vin à 12 degrés) par jour pour les femmes, 3 pour les hommes et 4 "en une seule occasion", revendiquant comme sources le Programme national nutrition santé (PNNS) 2011-2015 et un rapport de la HAS daté de novembre 2014.

Mais la HAS a affirmé mardi que cette campagne "instrumentalise des messages professionnels" et qu'elle "transforme des seuils de consommation à risque nécessitant une prise en charge médicale en +repères+ pour une consommation +acceptable+ d'alcool".

Le directeur du PNNS, le Pr Serge Hercberg, a pour sa part estimé que les "repères" repris par Vin et Société, datant du début des années 2000, sont "obsolètes".

"Il ose dire cela alors que ces repères sont encore en ligne sur le site du ministère de la santé", a réagi Mme Bourolleau, ajoutant avoir recensé "plus de cinq sources officielles qui reprennent ces repères", dont l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes) et l'Assurance maladie.

"C'est au moment où notre campagne sort que, d'un seul coup, ces repères deviennent obsolètes", a-t-elle dénoncé, jugeant "bon de questionner la cohérence des autorités de santé, qui du jour au lendemain invalident des repères".

Par ailleurs, l'association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (Anpaa), à l'origine de nombreux procès contre des publicités pour l'alcool, a qualifié mercredi cette campagne de "premier bras d'honneur à tous les défenseurs de la santé", alors que le Parlement a voté fin novembre un assouplissement de la loi Evin encadrant la promotion des boissons alcoolisées.

Son président, le Dr Alain Rigaud, a cependant indiqué à l'AFP que l'Anpaa n'a "pas l'intention de déposer plainte parce qu'il n'y a pas de caractère illicite au titre de la loi Evin".

 

Depuis son lancement, une campagne vantant les bienfaits du vin fait polémique.

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