Zika: fin de l'urgence de santé publique selon l'OMS, mais pas de l'épidémie

Nouvelle phase de la lutte

Zika: fin de l'urgence de santé publique selon l'OMS, mais pas de l'épidémie

Publié le :

Dimanche 20 Novembre 2016 - 15:40

Mise à jour :

Dimanche 20 Novembre 2016 - 15:45
Le virus Zika ne constitue plus une "urgence de santé publique mondiale", a annoncé vendredi l'Organisation mondiale de la santé. Une décision qui ne signifie pas la fin de l'épidémie mais qu'il s'agit maintenant de mettre en place une lutte à long terme face à une maladie qui devrait encore toucher des millions de personnes avant d'être enrayée.
©MarvinRecinos/AFP
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La lutte contre le vius Zika semble entrer dans une nouvelle phase à l'échelle mondiale, comme en témoigne le choix de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) de ne plus considérer la maladie comme une "urgence de santé publique mondiale". Une classification que l'organisation onusienne lui appliquait depuis le 1er février dernier.

Ce choix de l'OMS a été indiqué vendredi 18 par le Dr. David Heymann, président du Comité d'Urgence de l'OMS sur Zika. Une déclaration qui a suscité une inquiétude dans les pays les plus touchés par la maladie. Mais l'OMS précise que cette décision ne signifie en aucun cas que la fin de l'épidémie serait décrétée ou que la lutte contre le virus s'arrête.

"Le Comité d'Urgence estime que le virus Zika et ses conséquences restent un défi de santé publique persistant et important, qui requiert une action intense, mais ne représente plus une urgence de santé publique telle que définie par les Règlements de santé internationaux", précise un communiqué de l'OMS.

Le statut d'urgence de santé publique permet à l'OMS de mettre en place plusieurs "principes essentiels" pour "optimiser son action". A savoir la "montée en puissance" des moyens (redéploiement de son personnel sur les zones concernées, envoie d'équipes spécialisées puis de renforts...), la désignation d'un responsable de l'action d'urgence, et la mise en place de moyens "sans regrets" qui facilite les actions et dépenses quant bien même elles pourraient apparaître surdimensionnées a posteriori.

"Nous ne minimisons pas l'importance de ce virus (...)en faisant un programme de travail d'une durée plus longue, nous envoyons le message que Zika est destiné à durer et que la réponse de l'OMS va se maintenir d'une manière très solide", a précisé le Dr. David Heymann devant la presse.

Le virus Zika se transmet principalement par la piqûre du moustique Aedes aegypti -un cousin du moustique tigre Aedes albopictus- qui vit sous les latitudes tropicales. Les contaminations par voies sexuelles ou transmissions sanguines sont également possibles, mais bien moins nombreuses.

Il peut provoquer des cas de microcéphalie chez le nouveau-né lorsque la mère est contaminée durant la grossesse, ou le syndrome de Guillain-Barré (maladie neurologique). Deux pathologies potentiellement mortelles.

Depuis 2015, 73 pays ont été touchés par l'épidémie. Des chiffres impressionnants, mais dans la grande majorité des cas, le virus Zika provoque des symptômes bénins voire indétectables. Le nombre de contaminations ne peut donc qu'être estimé. L'OMS table sur environ 3 à 4 millions sur le continent américain, dont 1,5 million au Brésil, de loin le pays le plus touché. Néanmoins n'y ont été recensés "que" 2.033 cas de microcéphalies.

L'épidémie pourrait toucher 90 millions de personnes d'ici sa fin.

 

"Le virus Zika et ses conséquences restent un défi de santé publique persistant et important", a fait savoir l'OMS.

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