Mort d'Alexandre Grothendieck, mathématicien de génie et ermite engagé

Mort d'Alexandre Grothendieck, mathématicien de génie et ermite engagé

Publié le :

Vendredi 14 Novembre 2014 - 11:51

Mise à jour :

Vendredi 14 Novembre 2014 - 17:17
Le génie français des mathématiques Alexandre Grothendieck est mort jeudi 13 novembre. Aussi caractériel que talentueux, il vivait reclus depuis plus de 20 ans et laisse un incroyable héritage à la communauté scientifique.
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Il restera comme l'un des plus grands mathématiciens du vingtième siècle, probablement le plus grand. Alexandre Grothendieck est mort jeudi 13 novembre à l'âge de 86 ans à l'hôpital de Saint-Giron (Ariège), près du village de Lasserre où il vivait reclu. Car le génie mathématique d'Alexandre Grothendieck n'avait d'égal ou presque que son caractère bien trempé. Issu d'une famille juive de Russie très engagée, il est né à Berlin en 1928 et a émigré en France dans les années 1930. Sa famille y connaîtra les rafles et la déportation sous l'Occupation. Son père sera tué à Auschwitz.

Alexandre Grothendieck a révélé son talent sur le tard. Etudiant prometteur à la faculté de mathématiques de Montpellier (Hérault), il se voit confier une série de 14 problèmes mathématiques par des scientifiques de renom, Laurent Schwartz et Jean Dieudonné. Les deux hommes imaginent qu'il faudra plusieurs années à Alexandre Grothendieck pour en venir à bout. C'est chose faite en quatre mois. Sa légende est née.

Apatride (naturalisé Français au début des années 70), il voyagera au Brésil et aux Etats-Unis. Ses travaux d'alors bouleversent le monde des mathématiques. En 1966, la médaille de Fields, équivalent du prix Nobel en la matière, lui est décernée. Il la refuse car il ne veut pas, en pleine guerre froide, se rendre à Moscou où a lieu la remise du prix. Dans les années 70 et 80, il sera successivement professeur à Montpellier, membre du CNRS et refusera une autre distinction majeure en 1988, le prix Crafoord.

Férocement pacifiste et écologiste de la première heure, ses prises de position politiques et son caractère l'éloigneront du milieu scientifique et de ses proches. A sa retraite en 1990, il part vivre presque en ermite dans les Pyrénées jusqu'à la fin de sa vie. En plus de ses travaux, Alexandre Grothendieck laisse un trésor à décrypter: 20.000 pages de notes confiées à un ami au début des années 1990 et aujourd'hui conservées à l'université de Montpellier. Depuis plus de 20 ans, personne n'a osé se pencher sur ces manuscrits sans l'autorisation de l'auteur. Sa disparition pourrait changer la donne, pour peu que quelqu'un soit capable de décrypter ce lègue. 

Alexandre Grothendieck s'était retiré du monde ces 20 dernières années.


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