80 ou 90 km/h, c’est désormais aux départements de choisir

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80 ou 90 km/h, c’est désormais aux départements de choisir

Publié le 02/01/2020 à 08:05 - Mise à jour à 08:31
© SEBASTIEN BOZON / AFP
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Auteur(s): France-Soir

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Les Conseils départementaux ont désormais la possibilité de repasser les routes départementales de 80 km/h à 90 km/h maxi. Mais les conditions d'application très compliquées font reculer plus d’un élu. 
 
Dans le Cantal, les panneaux de limitation de vitesse vont de nouveau changer: le Département a décidé, comme la loi d’Orientation des mobilités l’y autorise désormais, de repasser aux 90 km/h sur les 4000 kilomètres de routes qu’il gère. Mais le Cantal pourrait faire partie d’une minorité de départements qui oublieront bientôt les 80 km/h, hors routes nationales s’entend. 
 
 
Des conditions draconniennes
 
Car si la loi permet effectivement aux conseils départementaux d'augmenter la vitesse autorisée sur les portions de routes qui les concernent, elle impose des conditions qui poussent bon nombre d’élus à renoncer. 
 
Ce retour est tout d’abord conditionné à la fourniture d’une étude d’accidentologie. Il n’est ensuite autorisé que sur des tronçons de route de plus de 10 km ne comportant pas de traversée d’agglomération, donc dans des zones peu denses. Autres restrictions parmi une longue liste, les routes en question doivent être dépourvues de tourne-à-gauche et d’arrêts de transports en commun. 
 
Par ailleurs, outre le seul coût de l’éventuelle installation de nouveaux panneaux (1,4 million d’euros pour l’Ain, par exemple), les Départements sont obligés de réaliser des aménagements qui risquent de plomber leur budget. L’interdiction de dépassement devra ainsi être matérialisée par une double bande blanche sonore. Tous les « obstacles latéraux non protégés » (ainsi nommés dans un rapport du Conseil national de la sécurité routières) seront à retirer dans une bande de 4 mètres de part et d’autre de la chaussée.
 
Un risque politique 
 
A ces conditions, s’ajoute l’engagement de la responsabilité pénale du président du Conseil départemental si un accident mortel venait à survenir sur une route repassée à 90 km/h. Christophe Castaner, le ministre de l’Intérieur, a prévenu: «Le jour où l’on constatera que sur les routes où l’on a augmenté la vitesse, on a augmenté le nombre de morts, chacun devra se regarder dans la glace». 
 
Résultat, malgré une opinion publique favorable à cette limitation, de nombreux départements parmi la cinquantaine qui s’était déclarée pour un retour aux 90 km/h, font marche arrière. 
 

Auteur(s): France-Soir


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