Autoroutes: vers la résiliation des concessions?

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Autoroutes: vers la résiliation des concessions?

Publié le :

Mercredi 17 Décembre 2014 - 13:34

Mise à jour :

Mercredi 17 Décembre 2014 - 13:44
Un rapport parlementaire remis ce mercredi préconise la "dénonciation des contrats en cours" de concessions des autoroutes françaises. Un texte publié en plein bras de fer entre le gouvernement et les sociétés concessionnaires sur les prix des péages.
©Roland Turner/Flickr
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Pierre Plottu

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Le bras de fer s'intensifie. Après les déclarations d'Emmanuel Macron, début novembre, et de Ségolène Royal, mardi 16, réclamant une baisse des tarifs des péages, c'est désormais un rapport parlementaire, présenté ce mercredi à l'Assemblée nationale, qui vient nourrir le débat.

Le député PS rapporteur de la mission d'information, Jean-Paul Chanteguet, y préconise la "dénonciation des contrats en cours" entre l'Etat et les sociétés concessionnaires d'autoroutes. Il appelle même le gouvernement à "agir très vite" et même avant la fin de cette année. En effet, le rachat de ces concessions ne peut se faire qu'au 1er janvier de chaque année, moyennant un préavis d'un an.

Invoquant la "mécanique implacable" de ces contrats, le député explique que sans une remise à plat totale, passant par une dénonciation, il sera très difficile d'en renégocier les clauses, notamment celles concernant les hausses tarifaires.

De leur côté, les sociétés d'autoroutes se disent prêt à s'assoir à la table des négociations, mais réclament en échange un allongement de la durée des concessions qui leur sont accordées.

Une exigence qui ressemble fort à un marché de dupes: Le Parisien révélait récemment que lors des négociations sur un grand plan travaux de 3,2 milliards d'euros sur les réseaux autoroutiers, les sociétés concessionnaires ont obtenues une rallonge de deux à quatre ans qui devrait leur rapporter… près de 15 milliards. Une somme qui plus est "nette", c'est-à-dire une fois payées les charges d'exploitation.

Toutefois, pas de quoi crier à la nationalisation. Dans son rapport, Jean-Paul Chanteguet précise bien que le but n'est pas de faire retomber dans le giron de l'Etat les autoroutes (ce qui pourrait d'ailleurs coûter jusqu'à 40 milliards d'euros), mais bel et bien la "renégociation intégrale" des clauses.

L'objectif finale du gouvernement est ainsi de "rendre aux automobilistes un peu de justice et d'équité tarifaire", comme l'a expliqué Ségolène Royal, face à des tarifs au péage augmentant bien plus vite que l'inflation et des marges injustifiées.

 

La France compte près de 10.000 km d'autoroutes concédées.

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