Harcèlement et violences dans les transports en commun: le gouvernement lance un plan de lutte

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RT
Publié le 09 juillet 2015 - 12:03
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Free et la RATP ont signé un accord pour le développement du réseau 3G et 4G de l'opération dans le métro et certaines lignes du RER.
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©Francisco Osorio/Flickr
Le gouvernement vient de lancer un plan pour lutter contre les violences faites aux femmes dans les transports en commun.
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Se basant sur des recommandations émises en avril par le Haut conseil à l’égalité femmes/hommes (HCEfh), la secrétaire d’Etat aux droits des femmes, Pascale Boistard, a présenté ce jeudi les principales mesures du nouveau plan lancé par le gouvernement afin de lutter contre le harcèlement et les agressions dans les transports.

"D'avoir une main aux fesses, des réflexions déplacées, ce n'est pas acceptable. On met en place des dispositifs concrets". Reprenant l’essentiel des recommandations émises il y a trois mois par le Haut conseil à l’égalité femmes/hommes (HCEfh), la secrétaire d’Etat aux droits des femmes, Pascale Boistard, a présenté ce jeudi les principales mesures du nouveau plan national de lutte contre le harcèlement dans les transports. 

Car dans un rapport remis le 6 avril, le HCEfh avait alerté le gouvernement sur l’ampleur d’un "phénomène mal connu et largement minimisé ou normalisé". Selon l’organisme, "toutes les utilisatrices des transports ont déjà été victimes" de harcèlement sexiste ou de violences sexuelles dans les transports, en particulier "les jeunes femmes"

Pour lutter contre ce fléau, le gouvernement annonce donc l’expérimentation de "marches participatives" au cours desquelles des usagères pourront visiter des stations, des gares, des trains pour "identifier les aménagements insécurisant ou pouvant être améliorés (éclairage, présence humaine, vidéoprotection, rame d’un seul tenant…)". S'appuyant sur l'exemple du Canada, où le système est déjà instauré, le gouvernement veut également permettre aux femmes qui voyagent sur les lignes de bus de pouvoir être déposées près de chez elle, sans attendre un arrêt. "A partir d'une certaine heure pour les femmes c'est assez difficile de rentrer chez elles. L'arrêt à la demande les rapprocherait au plus près de leur domicile et ça rassure. Ça fonctionne bien au Canada", a déclaré Pascale Boistard sur RMC.

La secrétaire d'Etat veut également l'instauration un numéro d’urgence permettant aux voyageurs de prévenir les forces de l’ordre, y compris par SMS, si jamais ils voient une femme se faire agresser dans le train. "Quand on assiste à un acte répréhensible, on peut avoir peur d'intervenir. Là vous pouvez discrètement alerter par SMS le centre de sécurité de la SNCF, qui peut dépêcher des agents. C'est le 31.17, qui existe déjà pour la SNCF. Pour la RATP, c'est le 32.49. On travaille aussi sur des applis plus discrètes et plus efficaces de géolocalisation", a expliqué Pascal Boistard. Dans la même logique, le gouvernement devrait aussi mettre à disposition des opérateurs de transports des modules spécifiques de formation pour apprendre à leur personnel à mieux accompagner les victimes d'agression ou de harcèlement.

Enfin, le plan prévoit la suppression des publicités à caractère sexiste dans les transports en commun. "Nous allons travailler avec les publicitaires et les transporteurs pour que les espaces dans les transports ne soient pas consacrés à alimenter ce harcèlement sexiste à travers des images dégradantes de la femme", a annoncé la secrétaire d'Etat. "On ne peut pas à la fois lutter contre le harcèlement sexiste et continuer à produire des images qui dégradent la femme et qui la font considérer comme un objet à disposition de tous". Toujours au niveau de la publicité, le secrétariat aux droits des femmes financera également "à l’automne 2015" une "campagne de sensibilisation"  pour rappeler "que le harcèlement et les violences sexistes sont punis par la loi"  et "inviter les témoins à être solidaires face à ces situations".

 


 

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