Le scandale Volkswagen prend une dimension mondiale

Le scandale Volkswagen prend une dimension mondiale

Publié le :

Mardi 22 Septembre 2015 - 10:45

Mise à jour :

Mardi 22 Septembre 2015 - 11:16
Après que Vokswagen a reconnu avoir manipulé des données d'émission de gaz polluants de ses véhicules diesel produits aux Etats-Unis pour contourner les règles antipollution, le ministre des Finances Michel Sapin a estimé qu'il était nécessaire de conduire une enquête "au niveau européen" sur les autres constructeurs de voitures.
©Mike Blake/Reuters
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L'image de la qualité allemande en prend un coup. Dimanche 20, Volkswagen a reconnu avoir manipulé des données d'émission de gaz polluants de ses véhicules diesel produits aux Etats-Unis pour contourner les règles antipollution. Selon les autorités américaines, quelque 482.000 véhicules diesel de Volkswagen et Audi sont concernés. Alors que le gouvernement sud-coréen a convoqué lundi 21 les représentants du constructeur allemand, le ministre des Finances français Michel Spain a estimé ce mardi matin sur Europe1 qu'une enquête était nécessaire au "niveau européen" sur les autres constructeurs de voitures afin de "rassurer"  les citoyens.  

Tout a commencé en 2014, quand, lors d'une étude sur les énergies alternatives, un laboratoire américain chargé par l'ONG International Council for Clean Transportation (ICCT) de prouver que les voitures diesel étaient moins polluantes que les autres car soumises à des normes bien plus strictes, n'a pas réussi à reproduire les résultats présentés par Volkswagen. Intrigué, ICCT a donc alerté l'Agence américaine de protection de l'environnement.

Cette dernière a alors découvert que 482.000 véhicules Volkswagen et Audi, construits entre 2009 et 2015 et vendus aux Etats-Unis, étaient équipés d'un logiciel capable de détecter automatiquement les contrôles. Il active alors à 100% l'équipement antipollution de la voiture. Puis, une fois le test achevé, il coupe ce mécanisme et le véhicule recommence à rouler en dégageant plus de 40 fois le niveau légal autorisé d’émissions pour certains polluants comme l’oxyde d’azote. Aux Etats-Unis, ce genre de délit est passible d'une amende pouvant atteindre plus de 18 milliards de dollars.

Sur les cinq modèles équipés de ce logiciel aux Etats-Unis, quatre ont été importés en Corée du Sud où 59.000 de ces voitures sont aujourd'hui en circulation. "Nous avons convoqué les représentants et les ingénieurs de Volkswagen à une réunion au ministère mercredi après-midi", a annoncé lundi Park Pan-kyu, directeur adjoint du ministère de l’environnement sud-coréen. "Nous allons commencer dès le mois prochain à conduire des tests et nous en annoncerons les résultats fin novembre", a-t-il poursuivi, précisant qu'il était encore trop tôt pour discuter des éventuelles pénalités à infliger au constructeur allemand.

Et, selon l'ICCT, il est possible que Volkswagen ait eu recours aux mêmes techniques de dissimulation en Europe. "Il appartient aux régulateurs du continent de déterminer s’ils sont oui ou non en présence d’un ’logiciel trompeur’ comme aux Etats-Unis", a ainsi déclaré son directeur exécutif Drew Kodjak. La probabilité de tricherie est d'autant plus forte qu'en Europe, les constructeurs savent qu'il n'y a pas de contrôle extérieur. Ainsi, Berlin a d’ores et déjà ordonné des "tests approfondis" sur tous les modèles diesel de la marque Volkswagen.

Par ailleurs, selon Sky News, des millions de voitures pourraient être rappelés au Royaume-Uni où l'ONG Transport & Environment group estime que d'autres constructeurs que Volkswagen seraient concernés. Outre-Atlantique, Washington a également annoncé avoir étendu ses investigations à d'autres constructeurs afin de détecter la présence de tels logiciels dans des voitures déjà en circulation dans le pays.

Face aux remous provoqués par la révélation du scandale en fin de semaine dernière, le PDG de Volkswagen, Martin Winterkorn, a assuré"regretter"  d'avoir "déçu" ses clients. Dès lundi, le titre du mastodonte allemand, numéro un mondial des ventes devant Toyota, avait perdu 17 % à la Bourse de Francfort.

 

Au Etats-Unis, le constructeur allemand Vokswagen a triché sur ses émissions de gaz polluants.


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