
Travail - Quatre emplois sur dix sont dans l’intérim !
Christophe-Emmanuel Lucy, le jeudi 21 août 2008 à 04:00
Selon l’Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss), la dynamique des créations d’emplois se révèle disparate tant au niveau des secteurs d’activité que de leur localisation. En 2007, les entreprises du privé employaient 18 millions de salariés en France (métropole et départements d’outre-mer) et versaient une masse salariale de 462 milliards d’euros.
Le BTP, secteur dynamique s’il en est, a enregistré une progression de l’ordre de 15 % avec près de 200.000 créations nettes d’emplois. Plus en retrait, le tertiaire, fort de 13 millions de salariés en 2007, a connu au cours des cinq dernières années une croissance modérée de près de 900.000 créations nettes d’emploi (+ 7,4 %), malgré des hausses sensibles dans les sociétés de services à la personne (aide à domicile, accueil des personnes âgées ou handicapées) issues du dispositif Borloo et des entreprises intervenant dans les secteurs des centres d’appels, du nettoyage et de la sécurité. La plus forte progression concerne le secteur de la santé et de l’action sociale avec 204.000 emplois créés (+ 16 %), pour un secteur qui ne dénombre pas moins de 1,5 million de salariés.
Une précarité accrue
Le secteur de l’intérim a progressé de 13 % depuis 2002 pour atteindre 788.000 salariés en 2007. Une progression qualifiée « de modeste après le doublement des effectifs intérimaires enregistré entre 1997 et 2001 », note l’Acoss, qui ne manque pas de relever que « quatre emplois sur dix sont désormais dans l’intérim ». Les hôtels-restaurants-cafés, qui comptent 950.000 salariés, ont connu une hausse de l’ordre de 9,7 % soit 84.000 emplois créés, principalement dans la restauration rapide (28 %). Par contre, l’hémorragie des emplois industriels s’est poursuivie, mais à un rythme moindre au cours des trois dernières années. L’industrie a ainsi perdu 410.000 salariés sur les cinq années écoulées (-10 %) et n’emploie plus qu’un travailleur sur cinq en 2007 (3,6 millions d’emplois). Parmi les secteurs industriels fortement touchés figurent : la chimie/caoutchouc/plastiques (-11,6 %), l’industrie des composants électriques et électroniques (-13,5 %), l’habillement/cuir (-35 %) et le textile (-32 %). Quant à l’automobile, le secteur a perdu 22.000 emplois en cinq ans (-7,5 %). Dans ce secteur, si la dégradation de l’emploi s’est accélérée de 2002 à 2004, elle s’est réduite de 2005 à 2007. Pour terminer sur une note d’optimisme, le salaire moyen n’a-t-il pas crû de 13,9 % selon les oracles du secteur, pour atteindre en moyenne sur l’Hexagone la somme de 2.136 euros bruts par mois en 2007 ? Avec une inflation de 8,7 % sur la même période, le pouvoir d’achat moyen a donc augmenté de 5 %. CQFD.Edition France Soir du jeudi 21 août 2008 n°19881 page 7




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