Société

Sexe - Les avortements progressent chez les mineures

Jean-Michel Comte, le samedi 20 septembre 2008 à 04:00

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Depuis qu’il a été légalisé par la loi Veil en 1975, l’avortement reste stable en France : le nombre d’IVG en 2006 est évalué à 209.700, à peine plus qu’en 2002 où ce chiffre était de 206.600.

Cela représente un taux de 14,5 avortements pour 1.000 femmes en âge de procréer. Mais celles qui y ont recours sont de plus en plus jeunes, selon une étude publiée vendredi par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), qui dépend des ministères du Travail et de la Santé. La classe d’âge la plus concernée est celle des 20-24 ans : les femmes de cet âge représentent un quart des avortements enregistrés en 2006. Ce nombre reste stable, alors qu’il augmente chez les mineures : on comptait 13.230 IVG chez les 15-17 ans en 2006 (soit 6,3 % du total), contre 10.722 en 2002 (5,2 % du total). Et l’on en a même enregistré 848 chez les très jeunes filles, de moins de 15 ans.

Plus de pilules du lendemain

Les femmes disposent de deux moyens pour interrompre une grossesse : l’IVG par aspiration utérine, qui nécessite une intervention instrumentale ou chirurgicale ; ou, moins traumatisante, l’IVG « médicamenteuse », c’est-à-dire la prise du RU-486, plus connu sous le nom de « pilule du lendemain ». Alors que la première méthode (autorisée jusqu’à 12 semaines de grossesse) se fait obligatoirement à l’hôpital, la seconde (jusqu’à sept semaines) peut se pratiquer à l’hôpital ou, depuis 2004, en « médecine de ville », c’est-à-dire directement chez son gynécologue ou son médecin traitant s’il est formé pour cela. Cette forme d’IVG médicamenteuse progresse, puisqu’elle représente maintenant environ la moitié des avortements (46 %, contre 35 % en 2002). Et l’IVG en « médecine de ville » gagne aussi du terrain : 7 % du total désormais, en constante augmentation. Mais cette pratique varie selon les régions : la moitié de ces avortements chez son médecin étaient recensés en Ile-de-France en 2006, alors qu’on n’en dénombrait que deux en Corse. Et dans les départements d’outre-mer, cette pratique représentait 38 % du total des IVG à la Réunion, alors qu’aucune n’était enregistrée en Martinique.

Edition France Soir du samedi 20 septembre 2008 n°19907 page 6

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