Société

Expérimentation - Ecrire un mail directement à son gendarme

Romain Katchadourian, le mardi 30 septembre 2008 à 04:00

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La gendarmerie veut faciliter le contact avec les citoyens. Pour cela, onze départements vont lancer dans les jours qui viennent une nouvelle expérimentation : ouvrir les adresses de messagerie mail de ses agents au public.

Une façon d’avoir une relation plus simple et plus directe avec la population, comme l’a fait la police britannique il y a dix ans. Ainsi, les gendarmes répondront directement aux questions pratiques que peuvent se poser les internautes ou les orienteront vers le bon interlocuteur. « J’ai perdu mon permis de conduire, quelles démarches dois-je faire ? Mon fils a changé le pot d’échappement de son scooter, est-ce légal ? »

Le lieutenant-colonel Le Cam, commandant en second du groupement de gendarmerie de Seine-Maritime, présente l’expérimentation du dispositif dans son département : « Il s’agit d’un moyen supplémentaire mis à la disposition du public, permettant de nous contacter à n’importe quelle heure. La boîte électronique sera commune à chaque unité et elle sera relevée deux fois par jour. » Evidemment, officiellement, il n’est donc pas question d’enregistrer des plaintes par ce biais-là. Ni même de répondre à des questions en lien avec une affaire judiciaire ou de prendre en considération des messages de délation.

Le dispositif sera généralisé

Mais la section de la Ligue des droits de l’homme de Rouen n’en est pas sûre. Sa présidente, Ginette David, craint des dérives. « La délation par écran interposé risque d’être plus facile et donc plus fréquente. Surtout dans les petits villages. Si les gendarmes reçoivent cinq mails sur une même famille, évidemment que ça va leur mettre la puce à l’oreille. C’est un moyen de plus de surveiller la population. »

Pour le lieutenant-colonel Pierre Bouquin, porte-parole de la gendarmerie, ce dispositif n’est « qu’une offre supplémentaire dont la seule vocation est l’aide au public ». Et concernant la délation, la maréchaussée est claire : « Si l’expéditeur a signé son message, nous l’inviterons à venir s’expliquer à la brigade et s’il l’a envoyé de façon anonyme, nous ne donnerons pas suite. » Selon lui, les messages de dénonciation ne seront pas plus nombreux. Il rappelle : « Tous les moyens de délation existent déjà. Et puis, il est beaucoup plus facile de retrouver l’expéditeur d’un message électronique que d’une lettre anonyme. » Expérimenté jusqu’à la fin de l’année, le dispositif a pour vocation d’être généralisé sur l’ensemble du territoire.

Edition France Soir du mardi 30 septembre 2008 n°19915 page 9

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