Société

En été aussi il existe des SDF

Romain Katchadourian, le jeudi 2 juillet 2009 à 04:00

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A Paris, la péniche d’accueil des sans-abri de l’ordre de Malte, Fleuron Saint-Jean, vient de « fêter » ses dix ans, et comme chaque année elle restera ouverte cet été pour aider ses passagers à laisser leurs soucis sur le quai.
Voici dix ans que le Fleuron Saint-Jean mouille port de Javel-Bas, dans le XVe arrondissement de Paris. Dix ans que cette péniche verte, réaménagée en centre d’hébergement, offre un souffle aux sans-abri 365 jours par an. Et c’est bien l’une des spécificités du lieu. Contrairement à beaucoup de foyers ou autres lieux d’accueil, le bateau reste ouvert toute l’année et propose à ceux que l’on appelle des « passagers » de rester trois ou quatre semaines sur place. L’occasion pour l’ordre de Malte de rappeler qu’en période estivale les SDF ont aussi besoin d’aide, et parfois même plus qu’en hiver.

« L’été, les problèmes médicaux et sanitaires demeurent, voire s’intensifient, indique Edith de Rotalier, directrice des actions de secours et de solidarité de l’ordre de Malte France. Depuis dix ans, le Fleuron est plein l’été. Et chose surprenante, nos passagers patientent tous dès 19 h 30 pour venir dîner alors que durant l’hiver leurs arrivées s’échelonnent jusqu’à 22 heures. Cela montre qu’il y a une vraie demande d’accueil en période estivale. » Bouteilles d’eau, ventilateurs, tout est évidemment prévu pour que le séjour sur le bateau, dont la structure en métal fait augmenter la température, se passe le mieux possible.

4 semaines pour souffler

En 2008, le Fleuron a accueilli un peu plus de 800 passagers. Cela représente environ 16.500 nuits. Lors de leur séjour à bord, qui dure en moyenne de trois à quatre semaines, les sans-domicile fixe trouvent un cadre favorable à leur projet de réinsertion et 10 % d’entre eux avaient trouvé un emploi en quittant la péniche. Depuis le départ, le Fleuron travaille main dans la main avec la Fondation 30 Millions d’amis.

La péniche est donc l’un des seuls centres d’accueil de la capitale qui acceptent les animaux. Le bannissement des compagnons à quatre pattes des centres d’accueil empêche beaucoup de sans-abri de se rendre dans les structures d’urgence qui leur sont dédiées. Sur la péniche, les chiens sont bienvenus et des consultations vétérinaires sont assurées une fois par semaine par des étudiants de l’Ecole nationale vétérinaire de Maisons-Alfort et une vétérinaire diplômée. Victime de son « succès », l’ordre de Malte a ouvert il y a un an une seconde péniche, le Fleuron Saint-Michel, dans les Hauts-de-Seine. Ce bateau est réservé aux personnes qui viennent de se réinsérer professionnellement.

Edition France Soir du jeudi 2 juillet 2009 page 9

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