Société

Les campagnes françaises se repeuplent

Laurence Valdés, le mercredi 8 juillet 2009 à 04:00

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Depuis une dizaine d’années, les espaces ruraux attirent toujours plus de nouveaux habitants. Tandis que la France de l’Ouest et du Sud a le vent en poupe, le Nord et le Bassin parisien connaissent davantage de départs que d’arrivées, selon une étude de l’INSEE publiée mardi.
L’attractivité des départements ruraux observée depuis le début des années 2000, se confirme, notamment dans l’Ouest, le Sud-Ouest et le Massif central. « Plus les départements sont ruraux, plus ils ont tendance à être attractifs », précise en effet l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) dans son étude publiée mardi. Les Landes, les Alpes-de-Haute-Provence, la Vendée, les Hautes-Alpes et la Lozère sont ainsi en tête en termes d’attractivité démographique. Le Cantal, les Deux-Sèvres et la Saône-et-Loire déficitaires entre 1990 et 1999 sont même devenus excédentaires depuis 2001. Les départements très urbains sont au contraire le plus souvent fortement déficitaires. Le Nord, la Moselle et les départements du Bassin parisien commencent ainsi à perdre des habitants. En Ile-de-France, les départs l’emportent largement en particulier à Paris en Seine-Saint-Denis.

Attractivité des zones rurales

Mais d’une façon générale, les villes continuent à jouer un rôle moteur, en captant une grande partie des nouveaux arrivants, même dans les départements les plus ruraux. L’attractivité des zones rurales joue en deux temps, explique Bernard Morel de l’Insee : « Les jeunes actifs vont d’abord dans les villes et leur périphérie, là où il y a des emplois, puis quand ils ont deux ou trois enfants, ils ont besoin de plus d’espace, et vont vers les zones rurales du département. » L’étude souligne en outre que la plupart des déménagements ont lieu entre des départements fortement peuplés et proches, et souvent dans les deux sens, notamment entre le Nord et le Pas-de-Calais, le Rhône et l’Isère ou les Bouches-du-Rhône et le Var. Parmi les quatre départements d’outre-mer, seule la Réunion affiche un solde migratoire positif avec la métropole. Les départs sont en effet plus nombreux que les arrivées en Guadeloupe, en Martinique et en Guyane.

Les jeunes préfèrent les villes

La catégorie socioprofessionnelle le plus mobile est celle des cadres. Ils sont encore plus attirés que les autres salariés par l’Ouest et le Sud, mais vont aussi dans les départements franciliens des Hauts-de-Seine et des Yvelines. A l’inverse, c’est chez les retraités que les départs d’Ile-de-France l’emportent le plus sur les arrivées. Quant aux jeunes adultes –  de 18 à 24 ans –, ils bougent beaucoup, puis à partir de 40 ans la mobilité baisse fortement. Mais contrairement à la tendance générale, les jeunes se dirigent de préférence vers les départements le plus urbains, notamment dans le Bassin parisien et dans les villes universitaires. Au total plus de 5,8 millions de personnes âgées de plus de cinq ans ont déménagé pour un autre département entre 2008 et 2009. Un dixième de la population métropolitaine a donc changé de département au cours de ces cinq dernières années.

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