Dès que les beaux jours reviennent dans la capitale, les touristes et les Parisiens envahissent les berges de l’île de la Cité, le Champ-de-Mars ou encore les quais de Seine pour pique-niquer. Louis, étudiant de 23 ans, est un habitué de ces soirées en plein air : « C’est pratique et pas cher quand on est jeune. Il suffit de faire quelques courses avant. »
Les rendez-vous s’organisent rapidement entre amis, souvent à l’improviste. Des chips, des crudités, quelques bouteilles et parfois une guitare ou un djembé suffisent aux participants. La mairie de Paris confirme l’essor du phénomène : « Il y a une volonté de se réapproprier la ville, mais c’est aussi la cherté de l’espace privé qui peut conduire les jeunes à privilégier l’extérieur », note François Dagnaud, adjoint au maire en charge de la propreté.
Bières et tam-tams
Ces rassemblements prennent parfois une ampleur inattendue. En juin 2008, entre 10.000 et 15.000 jeunes s’étaient retrouvés sur le Champ-de-Mars pour célébrer la fin des épreuves du bac. Depuis, une demi-compagnie de CRS a été affectée à la surveillance le soir, dans l’attente de la vidéosurveillance.
Force est de constater que ces agapes nocturnes sont généralement accompagnées d’une ou de plusieurs bouteilles de vin ou de bière, en dépit d’une interdiction de consommation dès 16 heures sur les pelouses au pied de la tour Eiffel et sur le pont des Arts.
« Les dérapages sont de plus en plus fréquents et importants. Certains habitants m’ont dit qu’ils pensaient déménager », assure Yves Pozzo di Borgo, sénateur centriste de Paris, qui regrette que la police ne se préoccupe pas davantage de ces désagréments.
Une contrariété partagée par l’association des riverains du canal Saint-Martin : « Cette année, à nouveau, les beaux jours sont synonymes de bruit et de nuisances diverses. Les bars ont recommencé à vendre de l’alcool à emporter tard dans la nuit, malgré des affichettes sur leurs vitrines qui prétendent le contraire (…) Et, évidemment, la police du Xe ne se dérange toujours pas », expliquent les membres de l’association.
Pour la mairie UMP du Ier, dont dépend en partie la passerelle des Arts, les nuisances n’ont rien d’excessif : « Les dernières plaintes remontent à 2005 quand des péniches ont protesté contre le bruit des tam-tams. Depuis, nous n’avons rien eu », déclare-t-on au cabinet du maire.
« On sent qu’il y a eu un tour de vis sur la passerelle », affirme cependant Louis. Selon lui, après 22 heures, la police n’hésite pas à distribuer des amendes aux plus tapageurs.



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