Société

Immigration - Chen, 4 ans, contraint de vivre caché

Julien Chabrout, le samedi 5 septembre 2009 à 04:00

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Un couple de restaurateurs chinois installés à Clermont-Ferrand depuis des années ainsi que ses deux enfants sont contraints de se cacher. Ils sont menacés d’expulsion en Chine. Né en France, leur fils de quatre ans, Chen, n’a pas pu faire sa rentrée scolaire.

Plus de 6,6 millions d’écoliers ont fait leur rentrée avant-hier. Ce n’est pas le cas de Chen. Ce garçon est contraint de se cacher avec ses parents. Ils ont effet reçu mardi un document signé par le préfet les enjoignant de se rendre à Paris pour prendre un vol pour la Chine.

Pourtant, ce couple de restaurateurs de Clermont-Ferrand a depuis plusieurs années quitté la Chine. Ils se sont rencontrés en 2003 à Clermont et se sont mariés en 2005. Yuhua Tang, le mari, est arrivé en France en 1999. Il a vu sa demande d’asile politique refusée. Il est resté malgré tout et a toujours travaillé. Ping Zhou était étudiante à Clermont de 2003 à 2007.

Fraîchement arrivée dans la capitale auvergnate, la jeune femme avait obtenu une carte de séjour lui permettant d’étudier en France. Ils ont deux enfants, Chen et Clément, huit mois. Tous les deux sont nés en France.

Décision risquée

Chen n’est pas venu avant-hier à l’école Nestor-Perret. « C’était trop dangereux, ses parents ont peur et nous craignons qu’ils soient arrêtés », explique Corine Mialon, membre de RESF (Réseau éducation sans frontières) qui soutient la famille, comme diverses associations, des parents d’élèves et des élus de la ville. Une peur qui amène le couple à vivre désormais caché et à ne plus répondre au téléphone.

« L’Etat français leur demande de retourner en Chine et de demander, par la suite, un visa pour la France, mais on sait bien que c’est impossible ! » s’emporte Marie de la Ligue des droits de l’homme (LDH). La famille avait ordre d’embarquer pour Pékin, mercredi soir, mais elle a choisi de ne pas le faire et de se cacher sous la protection de RESF. Une décision risquée, assumée par leurs défenseurs. Tous implorent le préfet du Puy-de-Dôme, Patrick Stéfanini, « de ne pas s’entêter et de régulariser les Tang-Zhou ».

Le couple ne veut pas rentrer en Chine. « On n’a personne, on ne sait même pas où aller », pleure Ping. Qui ajoute : « On ne peut pas rentrer en Chine, on a mis toutes nos économies dans le restaurant, on n’a plus rien, et puis on habite en France depuis longtemps. »

Edition France Soir du samedi 5 septembre 2009 page 11

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