
Pourquoi les abeilles disparaissent
Laurence Valdés, le lundi 14 septembre 2009 à 04:00
Les abeilles n’ont plus la tête à danser. Depuis une quinzaine d’années, cet insecte est confronté à un taux de mortalité record partout dans le monde. Rien qu’en France, ce sont en moyenne 300.000 colonies qui disparaissent tous les ans, selon l’Union nationale de l’apiculture française (UNAF). Le déclin de cette espèce sera au cœur des discussions de la 41e édition du congrès international Apimondia (*), qui s’ouvre demain à Montpellier (Hérault), dans l’une des régions françaises les plus productrices de miel. Plus de 500 scientifiques et 200 exposants venus d’une centaine de pays sont attendus à ce rendez-vous apicole.
A cette occasion, le grand public est invité à explorer le monde de l’abeille à travers différentes animations. Seront notamment au menu des dégustations de miels, des présentations de ruches ou encore la découverte des plantes mellifères (avec lesquelles l’abeille produit du miel). Les particuliers pourront alors comprendre pourquoi les abeilles sont en danger. De multiples raisons se conjuguent. « D’une part les pesticides, fongicides et herbicides notamment utilisés pour l’agriculture intensive les affaiblissent. D’autre part, la monoculture ne laisse aucune place à la variété végétale. Les abeilles ne trouvent alors plus de fleurs pour butiner », explique à France-Soir Henri Clément, président de l’UNAF. Le Gaucho, cet insecticide commercialisé depuis le début des années 1990, suscite notamment une polémique depuis plusieurs années. Suspecté d’être néfaste pour les abeilles, il a été interdit en France en vertu du principe de précaution. La surmortalité des butineuses est un réel problème quand on sait le rôle majeur qu’elles jouent dans le maintien de la biodiversité. « Un tiers des ressources alimentaires de notre planète provient en effet de la pollinisation par les insectes, les abeilles en assurant les trois quarts », précise Henri Clément.
Enjeu stratégique
La plupart des cultures des fruits et légumes que nous consommons sont menacées. L’exemple des Etats-Unis est flagrant. A cause du manque d’abeilles, la production d’amandes a chuté de 30 % en Californie. Quant à celle des concombres, elle a baissé de 50 % en Caroline du Nord. L’enjeu stratégique est de taille. A l’échelle de la planète, les insectes pollinisateurs induisent un chiffre d’affaires annuel qui atteint la somme colossale de 153 milliards d’euros. Même s’il n’est pas encore question que l’abeille disparaisse de la surface de la Terre, il est urgent de la sauvegarder. Et paradoxalement, c’est en ville qu’elle est réhabilitée.Modernité absolue
L’engouement des citadins pour l’apiculture est en effet notable. Les ruchers-écoles sont aujourd’hui débordés de demandes. « Les particuliers se prennent au jeu d’installer des ruches dans leur jardin. Ils goûtent ainsi au vrai plaisir de produire leur propre miel », se félicite le président de l’UNAF, qui a lancé il y a quatre ans une opération intitulée L’Abeille sentinelle de l’environnement, destinée à alerter le grand public sur la nécessité de la sauvegarder. « Le regard a changé sur cette abeille qui fait peur et fascine à la fois. L’apiculture est aujourd’hui perçue comme une activité d’une modernité absolue. L’abeille fabrique de façon totalement autonome un produit 100 % naturel ». Et de conclure avec enthousiasme : « C’est l’exemple même du développement durable. »(*) Congrès Apimondia, du 15 au 20 septembre à Montpellier. L’entrée et les activités proposées au grand public sont gratuites. Renseignements : www.apimondia2009.com




Cliquez pour agrandir












aucun commentaire
Les commentaires sur cet article sont maintenant fermés.