
Anthropologie - Quand Ardi fait avancer l’homme et le singe vers leurs origines
Jean Bouclier, le samedi 3 octobre 2009 à 04:00
C’est le plus vieux squelette de l’histoire et le premier repère de l’humanité. Par leur publication, jeudi, dans le magazine américain Science, les travaux des paléoanthropologues chargés d’Ardi mettent en lumière des caractéristiques biologiques inconnues dans l’évolution de l’homme depuis ses origines.
Mis au jour entre 1992 et 1994, ce fossile d’une femelle appartenant à l’espèce d’hominidé Ardipithecus ramidus, la nommée Ardi, est aujourd’hui avec ses 4,4 millions d’années le plus ancien squelette connu de la branche humaine des primates.
Les analyses du crâne, des dents et d’os ont permis à l’équipe internationale de recherche de dresser le portrait de la femme qui hante leurs esprits : Ardi, femelle bipède, mesurait 1,20 mètre et pesait 50 kilos. Son analyse éclaire la manière dont les humains, les chimpanzés, les gorilles et les orangs-outans, tous membres de la famille des grands singes et donc hominidés, descendraient d’un mystérieux ancêtre commun.
Ni chimpanzé, ni humain
Avant la découverte d’Ardi, la célèbre Lucy, fossile âgé de « seulement » 3,2 millions d’années, avait amené l’espoir d’identifier tôt ou tard l’ancêtre commun de l’homme et du chimpanzé, génétiquement si semblables. Mais pour Tim White, professeur au centre de recherche sur l’évolution humaine de l’université de Berkeley, en Californie, les résultats concernant ce nouvel aïeul ont de quoi surprendre. « Ardi, note le chercheur, en nous rapprochant comme jamais de l’ancêtre commun des singes et de l’homme, nous permet vraiment d’imaginer ses traits. » Mais elle « est en fait une mosaïque intéressante, ni chimpanzé ni humain ».
Ses analyses biologiques et morphologiques montrent au final la différence significative qui existe entre le chemin pris par les grands singes africains et celui emprunté par les humains après leur séparation. L’ancêtre commun originel reste donc à trouver, bien sûr. Mais surtout à imaginer.
Edition France Soir du samedi 3 octobre 2009 page 10




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