Société

Enfant - La convention internationale des droits de l’enfant fête ses 20 ans

Romain Katchadourian, le jeudi 19 novembre 2009 à 04:00

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Il y a vingt ans, les Nations unies adoptaient la Convention internationale des droits de l’enfant. Un texte qui n’est toujours pas appliqué dans de nombreux pays, pourtant signataires.

Le 20 novembre 1989, l’Assemblée générale des Nations unies votait à New York la Convention internationale des droits de l’enfant. Un texte qui fête aujourd’hui ses 20 ans. « A l’épreuve des faits, c’est un texte qui tient vraiment la route assure Jacques Hintzy, le président de l’Unicef France Il a véritablement cristallisé des normes en ce qui concerne le regard que portent les adultes sur les enfants. » Mais le responsable reconnaît l’ampleur des défis qui restent à relever car le texte reste pourtant ignoré dans de nombreux pays, citant pêle-mêle le sida, l’exploitation sexuelle, le travail forcé ou l’abandon. Jacques Hintzy pointant notamment du doigt l’Afrique subsaharienne, « zone à problèmes », où vivent 13 des 15 millions d’orphelins du sida recensés dans le monde.

« Avec la crise économique qui touche d’abord les pays pauvres, les changements climatiques, les conflits armés, on est toujours dans un monde douloureux pour beaucoup d’enfants, qui restent les premières victimes », réagit de son côté Dominique Versini, défenseure des enfants en France, qui parle au niveau mondial d’une « progression à petits pas ». Un avis que partage Pierre Pascal, le président de SOS village d’enfants. Selon lui, « la convention n’est malheureusement qu’une convention de principe et beaucoup trop d’Etats ne la mettent pas en œuvre ». Pire, certains ne l’auraient adopté « que pour se donner bonne conscience », ajoute-t-il « ulcéré » par « les scandales qui continuent jour après jour ». Et Pierre Pascal de conclure : « Cela me conduit à avoir un jugement pessimiste sur l’humanité, car je sais qu’il y aura toujours des enfants malheureux dans le monde. »

Ratifié par 191 pays

Triste constat deux décennies plus tard pour un texte qui avait pourtant été adopté à l’unanimité puis ratifiée par la suite par 191 pays, de l’Afghanistan au Zimbabwe. L’enfant s’y voit ainsi reconnaître « le droit inhérent à la vie », « celui d’avoir un nom, une nationalité, de connaître ses parents et d’être élevés par eux ». La convention stipule aussi que l’enfant est « capable de discernement a le droit d’exprimer librement son opinion sur toute question l’intéressant, les opinions de l’enfant étant dûment prises en considération eu égard à son âge et à son degré de maturité » Il doit également « être protégé contre toutes formes de violence, d’atteinte ou de brutalités physiques ou mentales, d’abandon ou de négligence, de mauvais traitements ou d’exploitation, y compris la violence sexuelle ». D’autres articles précisent son droit à l’éducation, à la santé, à la protection contre toute exploitation économique ou sexuelle, et garantissent des droits spécifiques aux mineurs ayant affaire à la justice, dont l’interdiction de la peine de mort.



Les Etats-Unis ne l’appliquent toujours pas.

A ce jour seulement deux pays ne l’ont pas ratifiée : la Somalie, dont le gouvernement n’est pas reconnu par l’ONU, et les Etats-Unis. Jusqu’à la fin des années 1980, plusieurs Etats américains appliquaient la peine de mort aux mineurs. Une décision jugée illégale depuis 2005 par la Cour suprême mais cela n’empêche pas le système judiciaire de commuer des peines de mort en des peines de prison à vie. Cette politique quelque peu contradictoire – car c’est à New York au siège des Nations unies qu’a été votée la Convention – pourrait être revue par la nouvelle administration de Barack Obama. Certains observateurs voyant en effet « des signes annonciateurs qui peuvent être encourageants » du côté de Washington.


 

Edition France Soir du jeudi 19 novembre 2009 page 11

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