Les étoiles hôtelières sont sur le point d’évoluer. Suite à un décret du gouvernement, les critères d’attribution vont être modifiés d’ici à 2012 pour devenir plus compréhensibles par le client.
Cette réforme, qui concerne près de 20.000 hôtels en France, doit permettre de remettre à jour des critères qui datent de 1986. « Le référentiel était dépassé », reconnaît Christine Pujol, présidente du principal syndicat de l’industrie hôtelière, l’Umih. En effet, un hôtel qui s’était vu attribuer deux étoiles en 1986 pouvait très bien n’avoir jamais été rénové sans pour autant perdre son classement.
Pour pallier ce genre de problèmes, le nouveau système sera valable cinq ans, et les étoiles seront attribuées par des cabinets d’audit spécialisés, plutôt que la DGCCRF (Direction générale du contrôle de la concurrence et de la répression des fraudes). Cela permettra d’assurer un contrôle plus régulier du bon respect des critères. Ceux-ci seront d’ailleurs régulièrement révisés pour rester en adéquation avec les normes appliquées dans d’autres pays.
Pour le tourisme français, l’enjeu est capital. L’harmonisation avec les règles européennes doit permettre aux clients potentiels de savoir plus facilement quel est le niveau de prestation avant d’entrer dans un hôtel. Désormais, le client « sait à quoi s’attendre », indique Laurent Duc, président de la fédération nationale hôtelière. « Pour un indépendant, classer son hôtel, c’est donner plus de lisibilité au consommateur. »
Pour les professionnels, la conservation des précieuses étoiles devra souvent passer par des rénovations importantes. Elles sont estimées entre 8 et 10 milliards d’euros, auxquelles devront s’ajouter des travaux de mise au normes incendie dès 2011 et d’accessibilité avant 2015.
Entre 8 et 10 milliards d’investissement
L’autre grande nouveauté de ce classement, c’est la création d’une cinquième étoile. Destinée aux établissements les plus prestigieux, elle imposera des chambres spacieuses (au moins 24 m2), un service de voiturier, un personnel parlant deux langues étrangères, et un équipement informatique dans les chambres sur demande.
De son côté, Mark Watkins, président du Comité pour la modernisation de l’hôtellerie française, regrette un référentiel « déjà ringard », et bien loin de ce qui se fait ailleurs. Selon lui, le classement favorise les groupes hôteliers au détriment des indépendants. Conséquence, il estime qu’entre 3.000 et 4.000 hôtels pourraient disparaître dans les trois prochaines années.
Les étoiles nouvelle génération devraient s’imposer définitivement en juillet 2012. D’ici là, elles cohabiteront tant bien que mal avec les anciennes. Les touristes n’ont pas encore fini d’être perdus…


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