Le grand public ne le connaît pas encore mais Pastor Maldonado a marqué les esprits dimanche lors du Grand Prix d'Espagne. Vainqueur devant Alonso, le Vénézuélien mérite qu'on s'intéresse à lui. Portrait.
Ce n'est pas le premier et ce ne sera sûrement pas le dernier. Pastor Maldonado, 27 ans, a débarqué dans le paddock la saison dernière avec l'étiquette du pilote payant. L'argent d'une compagnie pétrolière vénézuélienne (on parle de 15 millions d'euros) avait définitivement convaincu Williams de l'embaucher. Sa première année d'apprentissage a été compliquée pour Maldonado avec une monoplace mal conçue et une écurie qui n'a jamais su redresser la barre. Il ne glanera qu'un seul petit point à la faveur d'une 10e place obtenue au Grand Prix de Belgique.
Il est donc surprenant de voir le premier pilote vénézuélien depuis Johnny Cecotto en 1984 marquer l'histoire de son pays. Dimanche, il s'est imposé au Grand Prix d'Espagne devant Fernando Alonso (Ferrari) et Kimi Räikkönen (Lotus) après avoir obtenu la pole position sur tapis vert grâce à la disqualification de Lewis Hamilton la veille. Il a tenu le coup face à deux pilotes expérimentés. Alonso l'a dépassé au départ avant que le coéquipier de Bruno Senna ne reprenne l'avantage grâce à une meilleure stratégie lors de ses arrêts aux stands. Sa constance tout au long de la course, durant laquelle il n'a commis aucune erreur, a finalement été récompensée de belle manière. Sur le podium, Alonso et Räikkönen l'ont même porté en triomphe.
« C'était une course très dure, et je suis très heureux car la voiture était très compétitive. Fernando a pris un meilleur départ que moi mais j'arrivais à suivre son rythme. Vous pouvez imaginer ce que je ressens », a affirmé le pilote Williams, qui s'était fait remarquer pour un accrochage avec Romain Grosjean lors de l'ouverture de la saison en Australie. Malgré le décalage horaire, l'ambiance devait être festive à Caracas, la capitale du Venezuela et le président Hugo Chavez a dû vibrer devant les exploits de l'enfant du pays.
Ce premier succès en carrière à l'issue de son 24e Grand Prix récompense les efforts d'un grand patient. Mis à l'essai par l'écurie Minardi en 2004, il a attendu sept ans avant de trouver enfin un baquet de titulaire en F1. Celui qui a commencé le karting à l'âge de 8 ans s'est exilé très tôt en Italie faute de concurrence en Amérique du sud. Franck Williams, son patron, l'avait remarqué lors d'une course sensationnelle à Monaco en GP 2, dont il fut champion en 2010. Le circuit monégasque est l'un de ses terrains de jeu favori. Cela tombe bien ! Le paddock s'installera sur le Rocher dans quinze jours.
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