Résultats Présidentielle 2012

» S'identifier
Vendredi 25 mai, 03:41
Accueil > Actualité > Economie > Stock-options : le rêve de 504 cadres d’Eiffage tourne au cauchemar

Stock-options : le rêve de 504 cadres d’Eiffage tourne au cauchemar

Economie


Pour échapper à une prise de contrôle, Jean-François Roverato, emblématique patron du n° 4 du BTP, a séduit ses cadres… avant de les ruiner.

Le propre d’un capitaine d’industrie est d’entraîner les hommes dans son sillage… de les faire rêver… Mais parfois ça tourne au cauchemar. Toutes proportions gardées, l’histoire rappelle celle de Napoléon, en février 1814, l’Empereur vient soutenir le moral de ses troupes, qui bivouaquent. « Allez mes amis, ne craignez rien. Le boulet qui me tuera n’est pas encore fondu », déclare-t-il. Un peu plus tard, il abdique et s’embarque pour l’île d’Elbe. Jean-François Roverato, patron d’Eiffage, n’ira pas à l’île d’Elbe, mais un successeur lui est imposé. Il connaîtra son nom le 8 décembre.

Son armée s’appelle Eiffage, une entreprise de 13.000 personnes, numéro quatre du BTP en France, numéro sept en Europe. Elle a réalisé le viaduc de Millau, réussite architecturale et prouesse technique. Polytechnicien, fils d’un ébéniste immigré italien et d’une couturière, il entre dans l’entreprise en 1975, pour devenir le général en chef en 1987.

Parcours parfait, jusqu’à Montereau. Nous y sommes. Jean-François Roverato répète à qui veut l’entendre que tout va bien et que les 504 cadres engagés à ses côtés pour sauvegarder l’indépendance du groupe n’ont rien à craindre des boulets. A voir.

En 2006, le groupe espagnol Sacyr annonce qu’il détient 30 % de son rival français. Inacceptable, tranche, avec panache, Jean-François Roverato. Il monte une société financière baptisée Eiffaime, demande à ses cadres d’apporter 235 millions d’euros d’actions qu’ils possèdent. Plus de 500 répondent présent et acceptent d’emprunter 228 millions auprès du CIC, de la Société générale et de Natixis, pour détenir finalement 8 % du capital.

L’assaillant fini par reculer devant la mobilisation des salariés qui, via différents holdings, ont entre les mains 32 % de leur entreprise, et celle des pouvoirs publics qui envoient à la rescousse la Caisse des dépôts et consignations (20 % du capital) et Groupama (6 %). Eiffage restera français.

Au début, l’histoire est belle pour les « 504 », les cadres regroupés au sein d’une société financière baptisée Eiffaime. Ils ont acheté leurs actions à 62 € pièce et elles ne cessent de grimper. En avril 2007, c’est le pactole assuré. Le 5 avril 2007, l’action Eiffage atteint 129 €. Ils sont riches… mais virtuellement. Pas question de sortir : c’est un pacte de confiance entre l’entreprise, Jean-François Roverato et ses cadres.

Trois ans plus tard, ils risquent de perdre leur mise… et peut-être plus encore. La crise est passée par là, l’action se traîne autour de 35 € et il faut rembourser l’emprunt de 228 millions d’euros ! Les banques sont méfiantes et quand elles prêtent, elles prennent des garanties. En l’occurrence il s’agit des titres apportés par les cadres. Pour les 504 la question est brûlante : ils n’ont plus rien qu’une montagne de dette à rembourser, en quatre échéances. Premier rendez-vous en avril 2011, pour une cinquantaine de millions d’euros.

Jean-François Roverato fait la tournée des bivouacs et se montre confiant : « Eiffaime a les moyens de faire face à ses dettes. Nous pouvons trouver des solutions, nous discutons actuellement avec les banques pour trouver une porte de sortie. Et puis, il n’est pas interdit de croire que l’action Eiffage va remonter », explique-t-on dans l’entourage du patron. Les banques peuvent effectivement se payer avec les actions gagées. Dans ce cas, au cours de mardi, il restera encore 7 millions aux 504 cadres, contre 228 millions investis. Et si le cours baisse encore (il a chuté de 6 % mardi), ils seront lessivés.
En attendant, comme Napoléon, Jean-François Roverato s’apprête à abandonner ses troupes, à quitter l’entreprise. Le conseil d’administration d’Eiffage se réunira le 8 décembre pour arrêter la date de son départ, dans six ou neuf mois, et désigner un successeur. « Allez mes amis, ne craignez rien » ? A la différence des grognards, les cadres actionnaires ont fini par prendre peur.



Par Philippe Douroux
C'est sur France Soir !
 

Réactions à cet article13 commentaires

  • Anonyme-77656, le 17 nov à 10:33

    Anonyme-77656
    viandar de banque

    vous jouez vs risquez de perdre du panache msieurs tout sur la table risque 50/50 mais 50%de chance de niquer les banquiers!on a rien sans rien moi je continu !!



    - Signaler un abus  
  • Anonyme-77656, le 17 nov à 15:27

    Anonyme-77656
    a plus

    a plus



    - Signaler un abus  
  • Anonyme-77656, le 17 nov à 16:36

    Anonyme-77656
    remarque

    qui pour les pleurer ces gens la ??


    l'appat du gain n'est pas sans risque et le risque est le fondement meme de la religion liberale il me semble...



    - Signaler un abus  
  • Anonyme-77656, le 18 nov à 09:27

    Anonyme-77656
    Rectificatif à france soir

    Eiffage compte + de 70 000 salariés.

    13 000 salariés = branche bâtiment France d'eiffage

    l' OPA de sacyr portait sur l'ensemble du groupe

    c'est donc 70 000 salariés que JFR a sauvés du dépeçage programmé par sacyr qui ne s'intéressait qu'aux autoroutes d'eiffage APRR!

    Le départ de JFR était programmé bien avant cette histoire puisqu'il est en âge de passer la main. Pour mémoir un DG avait déjà été nommé en 2007 par le CA mais il n'a pas donné satisfaction au CA.



    - Signaler un abus  
  • Anonyme-77656, le 18 nov à 10:59

    Anonyme-77656
    JFR lâcheur ??? JAMAIS

    çà n'est manifestement pas un choix délibéré de JFR qui doit être bien malheureux dans cette affaire, connaissant son attachement à son personnel.

    Cette façon d'associer son départ à cette situation difficile me gêne, et ne correspond pas du tout au comportement du personnage

    PS : "Jean-François Roverato fait la tournée des bivouacs" - il dit la tournée des "popotes" pas des bivouacs.

    D'accord avec vous CTX



    - Signaler un abus  
  • Anonyme-77656, le 18 nov à 22:48

    Anonyme-77656
    Et France Soir ?

    Connaissant beaucoup plus Eiffage que votre journal, je m'inquiète du degré de compétance de votre journaliste :

    son article comporte de nombreuses imprécisions et contre vérités.

    Comment se tromper sur le nombres d'employés de l'entreprise avec un rapport de 1 à 4 ? n'est-ce pas inquiétant ? N'est ce pas décridibilisant ?

    Je voudrais tout simplement rendre hommage à JFR qui à créé ce groupe de 70 000 personnes et 13 milliards d'euros.

    Alors arrêtons de dire que tous les patrons sont des "pourris" et souhaitons qu'ils soient plus nombreux pour sauver nos emplois...



    - Signaler un abus  
  • Anonyme-77656, le 20 nov à 15:15

    Anonyme-77656
    au moins...

    Au moins, en attendant, la boite est restée française et les emplois sont sauvegardés. Quand au cours des actions, de la même manière que les "gains" des 504 cadres étaient virtuels, leurs "pertes" le sont également: dans 5 ou 10 ans, quand on finira par réaliser que les boites de la finance et du commerce en ligne ne vendent que du vent, les investisseurs sérieux sauront se tourner vers les vraies boites, celles du BTP et de l'industrie lourde, qui continuent à constituer la colonne vertébrale de notre économie, une colonne vertébrale autrement plus solide que les paillettes des banques.


    Alors un peu de sens critique, messieurs les journalistes, svp !



    - Signaler un abus  
  • Anonyme-77656, le 20 nov à 20:03

    Anonyme-77656
    baiseurs et baisés : c'est vieux commele monde...

    Les promesses des dirigeants n'engagent que ceux qui les croient ! Ce dirigeant part donc pour une excellente retraite en laissant les 504 pigeons dans leur glu.

    Et bonjour chez vous !



    - Signaler un abus  
  • Anonyme-77656, le 21 nov à 11:13

    Anonyme-77656
    Confiance

    Moi je garde confiance à Eiffage.L'année prochaine j'acheterais encore plus d'action.


    Salarié Eiffage Grand travaux.



    - Signaler un abus  
  • Anonyme-77656, le 21 nov à 22:21

    Anonyme-77656
    D'autres salariés de pme se sont faits plumer comme cela

    et par les banques en plus qui se remboursaient des dettes avec émissions de titres.


    Je ne suis pas mécontent de ce qui arrive à ces tordus, j'y ai travaillé en sortant de mon école d'ingénieur et je ne suis pas allé chercher mon salaire tant la corruption était à tous les étages.

    A l'époque cette entreprise (SAE) était la pompe à fric des partis politiques de tous les bords.


    Je m'offusque de ce que la France avec un grand F ait refusé l'entrée de Sacyr dans le capital d'Eiffage, c'est cela l'Europe ?


    Je ne cache pas ma joie de la déconfiture certes à ce stade virtuelle des salariés moutons de panurge qui croyait virer un prétendant espagnol et conserver leur privilège.


    Ceux qui pensent que le titre va monter ont peut être raison, la CDC pourrait tenter de racheter certains titres au plus haut mais là, la planche à billets va devoir tourner plus vite que pour Quick !



    - Signaler un abus  
  • Anonyme-77656, le 23 nov à 01:55

    Anonyme-77656
    normal.

    qu'on m'explique une chose : alors quand les actions montent, les cadres sont contents et riches et quand elles descendent, ils sont ruinés et doivent payés les dettes???


    Mais personne ne les a forçé à acheter des actions, à s'endetter pour eiffage. Es ce le président de eiffage qui est venu voir ses cadres avec un colt 45 en leur indiquant "signe".

    Je ne crois pas.


    Un adulte doit assumer les responsabilités de ses actes. Ils étaient content lorsque l'action était au plus haut...ma foi, ils n'avaient qu'à vendre aux espagnols...en refusant la Loi du marché avec une pointe de racisme sous jacente...ils ne perçoivent que la rémunération de ce qu'ils ont semé.

    Rien de bon ne peut être construit lorsque l'idée de base est mauvaise. L'idée de base mauvaise était de tout faire pour empêcher que des espagnols prennent le contrôle car cela fait appelle au sentiment national, à l'émotion...et quand c'est l'émotion qui guide l'action et non la raison...rien de bon ne peut aboutir.



    - Signaler un abus  
  • Anonyme-77656, le 25 nov à 20:42

    Anonyme-77656
    un capitaine d'industrie

    Je n'ai aucun lien avec eiffage si ce n'est que de travailler dans le batiment .MR Roverato est de la trempe de Francis Bouygues;nous avons tres peu de capitaines d'industries de cette envergure qu'il doit etre frustrant pour eux de lire des acticles qui deconsidérent leurs actions



    - Signaler un abus  
  • Anonyme-77656, le 30 nov à 10:49

    Anonyme-77656
    une question

    Bonjour,

    Le PDG a-t-il lui aussi investi avec ses 504 cadres ?



    - Signaler un abus  

Réagissez à cet article

Réagissez avec votre compte Francesoir.fr :

Ou créez GRATUITEMENT votre compte Francesoir.fr :
Publié : 17/11/10 - 08h00
Mis à jour : 16/11/10 - 19h15
  • Texte plus grand
  • Texte plus petit

Présidentielle 2012 les résultats dans votre ville :

SUIVEZ FRANCE SOIR SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX


France-Soir sur Facebook

Plus d’articles


 

Dernières vidéos

En coma apparent, elle entend qu'un médecin veut la "débrancher"

» Voir toutes les vidéos

Les membres les plus actifs

  • nellyolson nellyolson, le 24 mai à 22:26

    277410 points
    2673 commentaires

    En savoir plus sur nellyolson


  • HeyBaal HeyBaal, le 24 mai à 19:29

    269700 points
    4052 commentaires

    En savoir plus sur HeyBaal


  • Bluesun Bluesun, le 24 mai à 21:29

    174190 points
    2324 commentaires

    En savoir plus sur Bluesun


  • pasloi pasloi, le 25 mai à 02:50

    158440 points
    1479 commentaires

    En savoir plus sur pasloi


  • rafale rafale, le 24 mai à 20:02

    116370 points
    724 commentaires

    En savoir plus sur rafale


Quiz

Testez vos connaissances

Quiz Info : Sexualité, Politique, Faits Divers et Jeannie Longo