FRANCESOIR. Comment s’organise la rédaction d’Un jour, un destin ?
FRÉDÉRIC MARTIN. L’équipe se compose de trois journalistes à plein temps, de deux documentalistes et de réalisateurs extérieurs. Avec Laurent Delahousse, nous sommes les réalisateurs finaux. C’est-à-dire que nous décidons du montage final de manière à ce qu’il corresponde à la ligne éditoriale du magazine. Un jour, un destin, c’est un travail d’équipe.
De quelle manière choisissez-vous les thèmes des émissions ?
On part toujours de personnages qui ont marqué l’histoire, qui sont entrés dans la légende. Le but est que tous les téléspectateurs les connaissent. On ne veut surtout pas tomber dans une biographie classique. L’idée est de se mettre dans la peau du personnage. Il s’agit plus de s’intéresser au personnage intime qu’au personnage public.
Est-il des personnalités qui vous intéressent plus que d’autres ?
Grâce à ce programme, on a la chance de connaître ces personnalités de façon intime. Si à l’origine le personnage d’Yves Montand, par exemple, ne m’attirait pas plus que ça, j’ai fini par m’y attacher. On essaye de ne jamais avoir d’idées préconçues.
Vous avez remis à jour le dossier sur Ingrid Betancourt. Le travail d’investigation doit être dangereux sur de tels reportages…
Oui. Le documentaire raconte la journée d’enlèvement d’Ingrid. Le réalisateur, grand reporter à Paris-Match, est retourné sur les lieux et a refait tout le trajet. Il a pris toutes ses précautions. Il connaît bien le terrain mais effectivement il aurait également pu se faire enlever. Il a croisé à plusieurs reprises des rebelles.
Il a réussi à avoir des témoignages exclusifs…
Oui, il a réussi à interroger des personnes qui étaient avec elle au moment de l’enlèvement, son chauffeur qui a été menacé de mort, sa famille et des responsables politiques sur place.
Vous avez réalisé le sujet l’année dernière, depuis le dossier a évolué…
A l’époque, on avait aucune preuve de vie d’Ingrid Betancourt. Depuis, certains otages ont été libérés. Chavez est intervenu dans le dossier, en négociant avec les Farc. Mais on peut se poser plein de questions à ce sujet. Aujourd’hui on est sûr qu’Ingrid est vivante. On a donc ajouté une deuxième partie au reportage.
Dans quel état d’esprit se trouve sa famille ?
Ingrid est devenue l’otage qui coûte le plus cher. C’est la rançon de la médiatisation. Alors, même si sa famille a repris espoir, elle se rend compte que la situation est urgente, qu’il faut vite la sortir de là. Elle a essayé de s’enfuir cinq fois, à chaque fois ses conditions de détention se sont durcies.

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