Argent et réformes Macron: ceux qui gagneront le plus sont les plus aisés, et ceux juste en-dessous... gagneront le moins

Argent et réformes Macron: ceux qui gagneront le plus sont les plus aisés, et ceux juste en-dessous... gagneront le moins

Publié le 28/08/2017 à 12:02 - Mise à jour à 12:36
©PhillipeHuguen/AFP
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Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr

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Le paquet de réformes fiscales voulues par Emmanuel Macron ne va pas profiter à tous les Français de la même façon. Selon une étude de l'OFCE, les plus aisés maximiseront leurs gains tandis que ceux qui sont "seulement" aisés ne profiteront pas des avantages et verront leur pouvoir d'achat stagner.

Il y a ceux qui ont beaucoup à gagner et il y a ceux qui n'obtiendront quasiment rien. Une étude de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) rapporté par le journal Libération a cherché à chiffrer l'impact sur les revenus des ménages des réformes voules par Emmanuel Macron, le tout classé en fonction des différents niveaux de richesses. Et leur conclusion est claire: si vous faites partie des 10% de ménages les plus riches (le "le dixième décile") vous maximiserez vos revenus. A l'inverse les perdants (ou du moins ceux qui ne gagneront presque rien) sont soit les 10% les plus pauvres (le "premier décile"), soit les huitième et neuvième déciles, ceux que le député LR Gilles Carrez appelle sans détour les "petits riches".

Les 10% les plus riches (dont le niveau de vie –soit le revenu après impôt divisé par le nombre de personnes constituant le ménage– est supérieur à 37.260 euros) devraient voir leurs revenus croître de 1.487 euros  par an. En effet la volonté d'Emmanuel Macron  de ne pas inclure dans l'ISF l'épargne productive –les actions notamment– favorise les plus aisés dont le patrimoine est en partie investi sur les places boursières. De plus la "flat tax" de 30%, si elle inquiète les détenteurs d'assurance-vie, est une bonne nouvelle pour les revenus issus des épargnes en action, les plus-values boursières étant taxées à un niveau supérieur.

A l'inverse, les "petits riches", ceux dont le niveau de vie est compris entre 29.570 et 37.260 euros seront ceux qui vont le moins bénéficier de ces avantages. L'OFCE estime même le gain à seulement… 34 euros par an pour le neuvième décile. Si cette catégorie de la population va profiter pleinement (contrairement aux retraités) du ballet hausse de la CSG/baisse des cotisations, ce gain sera largement amputé par la hausse de la fiscalité écologique (taxe carbone et taxe sur les carburants) et même, selon l'OFCE, par la hausse du prix du tabac pour les fumeurs.

A l'inverse, si vous faites partie de ce groupe, et que votre épargne est sans doute largement centrée sur votre immobilier ou une assurance-vie, la "flat tax" vous sera négative et vous ne profiterez pas des avantages sur l'ISF (que vous ne payez probablement pas). De plus, vous risquez d'être trop riches pour jouir de la baisse (voire l'exonération) de la taxe d'habitation pour 80% des contribuables.

A l'autre bout de l'échelle, si vous faites partie des 10% de Français les plus modestes (avec un niveau de vie inférieur à 10.770 euros) votre gain sera aussi très modéré (81 euros selon l'OFCE). Vous profiterez de la hausse de la prime d'activité et de l'Aspa pour les personnes âgées, mais là aussi la fiscalité écologique et le prix du tabac grèvent les budget. Et les baisses d'impôts consenties sont sur des charges fiscales qui ne vous concernent pas comme les plus-values sur l'épargne ou la taxe d'habitation.

Les réformes qui doivent donc donner plus de pouvoir d'achat aux Français, même si d'un point de vue purement formel rempliront cet objectif (tous les niveaux de revenus enregistreront un gain, aussi faible soit-il) vont, selon l'OFCE, surtout profiter à ceux qui avaient déjà le moins de problèmes de ce côté-là. L'organisme assure même que le plus gros gain concernera, le dernier centile, soit les 280.000 ménages les plus aisés.

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr


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Les Français "presque" riches et les plus pauvres sont ceux qui profiteront le moins des réformes.

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