Assurance-vie: face à la grogne des assureurs, Emmanuel Macron lâche du lest sur son projet de taxation

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Assurance-vie: face à la grogne des assureurs, Emmanuel Macron lâche du lest sur son projet de taxation

Publié le 17/03/2017 à 15:13 - Mise à jour à 15:26
©Images Money/Flickr
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Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr

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Emmanuel Macron faisait face aux critiques du secteur de l'assurance-vie avec son projet de taxation fixe des revenus de l'épargne. Il a finalement reculé en annonçant jeudi avoir adouci son projet.

Il s'est sans doute attaqué à un trop "gros morceau". Emmanuel Macron, le candidat d'En Marche! qui affine sondage après sondage sa position de favori pour l'élection présidentielle y est allé, lui aussi, de son recul. Lors d'une déclaration aux Assises de l’épargne et de la fiscalité, organisées jeudi 16 mars par l’association d’épargnants AFER, Jean Arthuis, ancien ministre de l'Economie et des Finances qui a rejoint Emmanuel Macron, a annoncé une modification du programme sur l'assurance-vie.

A l'origine, l'ancien locataire de Bercy sous François Hollande voulait créer une "flat tax" –un taux de prélèvement fixe quel que soit l'assiette– pour les revenus du capital, d'un montant de 30%. Si la mesure peut être favorablement accueillie par certains gros détenteurs de capital qui génèrent d'importants revenus, et qui seraient ravis de voir le taux de la ponction plafonner à 30%, les détenteurs d'assurance-vie, eux, déchantent. Ce placement, qui concerne environ 17 millions de Français (pour un montant considérable de 1.600 milliards d'euros), a comme particularité de générer des revenus en partie défiscalisés après huit ans d'ouverture. L'argent retiré de ces contrats d'assurance-vie de longue durée est prélevé à 23% (7,5% d'impôts seulement, et 15,5% de prélèvements sociaux). Autrement dit, la mesure d'Emmanuel Macron représenterait une hausse des prélèvements de sept points. Une flambée considérable pour cette épargne populaire, notamment chez les classes moyennes.

L'Afer a sorti de son chapeau, un sondage Ipsos montrant que 77% des personnes interrogées estiment que cette mesure serait une "mauvaise chose". La part des mécontents monte à 85% lorsqu'on interroge seulement les détenteurs d'assurance-vie et à 92% pour les sondés détenant un contrat depuis plus de huit ans.

Il faut croire que les chiffres ont jeté un froid chez Emmanuel Macron qui espère bien faire le plein chez les classes moyennes. Jean Arthuis a donc annoncé que si la taxation de 30% était toujours d'actualité, elle ne concernerait que les plus gros contrats. Il a évoqué le seuil de 150.000 euros. Il n'a pas encore été précisé si c'est seulement la tranche qui dépasserait le seuil qui serait taxé à 30% où l'ensemble de l'épargne.

Cette reculade qui ne dit pas son nom montre également l'importance de l'enjeu de l'assurance-vie dans la question politique. François Fillon, qui avait annoncé également une mesure similaire avant ses déboires judiciaires, n'en reparle plus depuis. Quant à François Hollande, le gouvernement envisageait une réforme menée par Michel Sapin pour fiscaliser l'assurance-vie sur les mêmes taux que l'impôt sur le revenu. Le projet a finalement été revu à la baisse, avant d'être définitivement abandonné.

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr


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Seuls les plus gros contrats seraient finalement taxés.

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